jeudi 28 décembre 2017

Bonjour tristesse

Auteure : Françoise Sagan
Edition : Pocket (Julliard)
Parution originale : 15 mars 1954
Genre : Tranche de vie, Drame
Origine : France
Nombre de pages : 153
   Résumé : Cécile a 17 ans et vient de rater son bac. Avec son père, quarantenaire qui enchaîne les relations, et Elsa, la nouvelle conquête de son père, elle coule des jours heureux en vacances au bord de la mer. Mais l'arrivée d'Anne dans leur vie va venir chambouler ces vacances que Cécile voulait pleines de joie et d'insouciance.



   
   J'ai fait la rencontre de Bonjour tristesse totalement par hasard en fouillant sur une table de brocante il y a cinq ans. Ce très court roman, que je savais être un grand chef d’œuvre, j'ai mis du temps à le lire car j'avais peur d'en être déçue. Ce ne fut absolument pas le cas.

   Bonjour tristesse raconte l'histoire d'un été. Un été au bord de la Méditerranée qui fut le témoin d'une histoire ordinaire, et pourtant d'une importance capitale dans la vie du personnage principal, car il va chambouler sa vie à jamais. Cécile a dix-sept ans, et elle vient de rater son bac. Son père, veuf depuis un certain nombre d'années et qui enchaîne les relations, décide de louer une villa à la mer avec sa fille et Elsa, sa nouvelle conquête. Le père et la fille entretiennent une relation fusionnelle, fondée sur l'aventure et l'insouciance, et le désir d'être heureux. Un jour, le père annonce aux filles qu'il a invité Anne, une ancienne amie de la mère de Cécile, à passer quelques jours à la villa. Aussitôt, l'atmosphère change : Anne est une femme froide, indifférente, pour qui Cécile entretient des sentiments très paradoxaux : elle l'admire, mais elle la craint également. Cécile, avec l'arrivée d'Anne, sent la fin de l'été approcher, et avec lui, sa vie heureuse avec son père.

   Ce premier roman de Françoise Sagan est un roman à propos de la complexité de l'adolescence, de l'inconscience cruelle de cet âge toujours posé sur le fil du rasoir, de l'insouciance lourde de conséquences d'un âge parfois terrible à porter. Cécile est à cet âge où elle a envie de prendre des décisions d'adulte, mais où la légèreté de la jeunesse la gouverne toujours. Elle est à un âge où elle veut évoluer, mais le changement lui fait peur.
   L'arrivée d'Anne dans la vie de Cécile et son père va tout changer à cet été. Elle est leur exact opposé : elle est la glace, alors qu'ils sont le feu. Cécile a peur que son père se lie à Anne, peur que leur vie à eux deux change. Elle ne peut pas inclure Anne dans leur futur.

   A la lecture de ce roman, on sent un sentiment de malaise qui nous tenaille les entrailles, comme si une sorte de nuage noir planait au-dessus de cette villa. L'intrigue se fonde sur des non dits et sur la passivité des personnages, surtout la passivité du père face à la bataille qui fait rage entre Anne et Cécile. On finit même par oublier que tout est de la faute du père, tant il se fond dans l'arrière plan, et j'avoue avoir eu honte à ma première lecture d'avoir seulement jugé les filles sans même morigéner le père dans mes propos.
Ce qui est très perturbant avec Bonjour tristesse, c'est que notre vision des personnages évolue au fur et à mesure que l'on avance dans le roman. C'est petit à petit que l'on commence à comprendre comment les rouages s'imbriquent, et on finit par "changer de camp" : alors qu'Anne nous paraît un personnage abject au départ, alors qu'on la voit avec nos yeux d'adolescents, puisqu'à travers le prisme de la perception de Cécile, nous finissons par la prendre en pitié et nous voyons Cécile et le père avec des yeux nouveaux.

   Je ne peux pas parler de ce roman sans parler de l'écriture de Françoise Sagan. L'auteure était à peine majeure quand elle a écrit Bonjour tristesse, et on ne peut pas ne pas remarquer à quel point son écriture est magnifique. Celle-ci arrive à retranscrire les langueurs et le rythme lent d'un été passé à lézarder au soleil, mais également la vivacité d'un âge où le poids des responsabilités ne repose pas encore sur nos épaules, et de celui où l'on refuse les responsabilités ; la fille et le père, ensemble. C'est une écriture juste à propos de la complexité de deux âges qui refusent de voir les noirceurs de la vie.

   Pour conclure, je dirais que Bonjour tristesse est un roman qui m'a transportée. Je l'ai lu avec mes yeux d'adolescente, mais également d'adulte, et je suis toujours subjuguée par la splendeur et la justesse de ce roman. Cécile est un personnage complexe, avec une vivacité d'esprit mais aussi un manque de lucidité manifeste et un manque de réflexion quant aux conséquences de ses actes. En un peu plus d'une centaine de pages, Françoise Sagan écrit un drame, un morceau de vie qui va chambouler un père et sa fille, et va leur porter un sentiment nouveau qu'ils accueillent en eux : la tristesse. 

lundi 25 décembre 2017

The Book of Dust, tome 1 : La Belle Sauvage

Auteur : Philip Pullman
Edition : David Fickling Books
Parution originale : 19 octobre 2017
Genre : Jeunesse, Aventure
Origine : Royaume-Uni
Nombre de pages : 560
   Résumé : Malcolm est un jeune garçon de 11 ans qui travaille à l'auberge de ses parents, La Truite. Il a une passion pour son canoë, qu'il a nommé La Belle Sauvage, et il l'utilise pour faire des balades et aller aider les religieuses du prieuré en face de l'auberge, qui abrite en son sein un bébé de six mois répondant au nom de Lyra. Malcolm va apprendre qu'une prophétie entoure ce bébé, et qu'elle est en danger. Avec l'aide d'Alice, une jeune fille qui travaille à La Truite, Malcolm va partir dans un périple haletant, à bord de La Belle Sauvage, afin de retrouver le père de Lyra, et la mettre à l'abri...
   Une émotion singulière m'envahit à l'heure où j'écris ces mots. La Belle Sauvage est une lecture particulière pour moi, parce que je l'attends depuis littéralement treize ans. En effet, j'étais encore une enfant quand j'ai lu pour la première fois la merveilleuse trilogie A la Croisée des Mondes de Philip Pullman, trilogie qui est encore à ce jour mon plus gros coup de cœur jeunesse. La fin de cette histoire nous promettait une suite des plus grandioses, que j'attendais telle l'Arlésienne pendant tout ce temps. Et aujourd'hui, la nouvelle trilogie de Philip Pullman, se déroulant dans le même univers et avec les mêmes personnages longtemps chéris, nous délivre enfin son premier tome, que je me suis empressée de lire dès sa sortie en version originale, parce que je suis une personne très calme et posée dans ma vie (c'est faux).

   La Belle Sauvage nous raconte une histoire qui se déroule dix ans avant les évènements du premier tome d'A la Croisée des Mondes. On y rencontre le personnage de Malcolm Polstead, un jeune garçon de onze ans qui travaille après les cours à l'auberge de ses parents, qui s'appelle La Truite. Malcolm est un garçon curieux qui aime discuter avec les nombreux clients qui viennent séjourner à La Truite, et un jour, il apprend que le prieuré où il va régulièrement aider les nonnes abrite un bébé de six mois, répondant au nom de Lyra. Malcolm se prend aussitôt d'affection pour le bébé, et, quand il apprend qu'on la cache parce qu'elle est en danger, il fait tout ce qui lui est possible de faire pour la protéger. A l'aide de son canoë, qu'il a nommé La Belle Sauvage, et accompagné d'Alice, une jeune fille qui travaille à La Truite, il va partir demander le droit d'asile à l'université Jordan College pour la petite Lyra.
   Pour les lecteurs d'A la Croisée des Mondes, vous l'aurez compris : La Belle Sauvage lève le voile du mystère sur l'arrivée de Lyra à Jordan College, le lieu où nous la découvrons pour la première fois dix ans plus tard alors qu'elle s'infiltre dans le Salon de Jordan, et où elle entendra parler pour la première fois de la Poussière.

   Je ne vais pas vous mentir, mon avis sur ce roman transpire la subjectivité. J'aime tellement cet univers, je trouve que l'histoire et les personnages de Philip Pullman sont si bien construits, que je ne pouvais que me plonger dans La Belle Sauvage avec ravissement, et j'ai adoré ce premier tome. Cependant, après une relecture en version française, mon avis s'est fait plus nuancé, surtout sur la fin du roman : il y avait un côté "Odyssée" qui n'était pas déplaisant dans la deuxième partie du roman, cependant, à certains moments où le récit se faisait très onirique, j'ai senti que l'histoire était peut-être un peu bancale et se dispersait quelque peu. Néanmoins, ce fut un délice de retrouver certains des personnages que j'ai le plus aimé dans la première trilogie : Farder Coram, pour commencer, qu'on retrouve sous un autre nom dans ce tome ; Lord Asriel, que nous découvrons sous un jour plus doux. Lyra est déjà un bébé espiègle et on sent déjà tout son potentiel et toute son intelligence.
   En ce qui concerne le trio de tête des nouveaux personnages, c'est-à-dire Malcolm, Alice et Hannah, on retrouve une similitude, voulue, je le pense, car construite en miroir, avec le trio Lyra, Will et Mary Malone, qui se formera dix ans plus tard. J'ai en tous cas beaucoup aimé la relation entre Malcolm et Hannah, ainsi que celle, plus laborieuse, entre Malcolm et Alice, comme celle de Lyra et Will le fut à ses débuts également. On sent dans l'écriture de Pullman comment une relation de confiance se bâtit entre Malcolm et Alice au fur et à mesure qu'on avance dans l'histoire. Pullman est extrêmement habile pour écrire les relations entre les enfants, et justement, dans ce tome-ci, cette écriture sonne d'autant plus juste.
   Pullman est également très ingénieux pour aborder le sujet de la religion. Dans A la Croisée des Mondes, Pullman écrit une réponse au poème The Lost Paradise d'un de ses poètes préférés, John Milton. Il y manie la critique de la religion avec subtilité (mais pas assez cependant pour les Etats-Unis qui ont censuré le roman), alors que je trouve que dans La Belle Sauvage, il l'attaque en frontal. La critique y est bien moins ténue, surtout que ce n'est pas le sujet traité à proprement parler dans ce tome. La Belle Sauvage raconte une histoire dans l'Histoire : pendant que les Erudits se crêpent le chignon à propos de la Poussière et de la religion, Malcolm et Alice, unis par leur amour pour Lyra, naviguent au milieu de ces instances qui se déchirent pour emmener le bébé à bon port.

   On y apprend également certaines choses incroyables à propos des daemons, notamment à travers le personnage si paradoxal de Gérard Bonneville, un personnage avenant au premier abord, mais dont le daemon, une hyène mutilée, représente la vilenie de l'homme. Des questions autour des daemons se posent alors : comment un homme peut-il mutiler son daemon ? A travers le daemon de Lyra, Pantalaimon, se posent d'autres questions à ce propos : comment, alors que Lyra n'a jamais vu tel animal de sa vie, Pantalaimon peut-il se transformer en ledit animal ? Les daemons peuvent-ils tous changer de forme pendant le sommeil des enfants, ou est-ce le signe d'une grande intelligence et imagination ? Est-ce vraiment interdit de toucher le daemon des autres, ou est-ce une simple construction sociale et tacite ?

   Je pourrais disserter pendant des heures sur ce roman, tant il y a de choses à dire. J'ai eu peur au moment de ma lecture d'avoir tellement cristallisé ce moment où je tiendrais enfin La Belle Sauvage entre mes mains, que je serais déçue du livre, mais ça n'a pas été le cas. J'ai été enchantée du début à la fin, et j'attends le tome 2 avec une impatience folle. Je ne peux que vous conseiller de lire La Belle Sauvage, ainsi que A la Croisée des Mondes, c'est un univers incroyablement riche qui possède un nombre incalculable de niveaux de lectures. On peut lire cette histoire enfant, comme adulte. Je redécouvre l'univers à chaque fois que je le relis, et je l'ai relu un bon paquet de fois. Je suis extrêmement émue de vous parler enfin de La Belle Sauvage, et de me replonger dans ce si bel univers une nouvelle fois, pour encore deux nouveaux tomes.

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lundi 4 décembre 2017

Les petites reines

Autrice : Clémentine Beauvais
Edition : Sarbacane
Parution originale : 2015
Genre : Jeunesse, Aventure
Origine : France
Nombre de pages : 270
   Résumé : Mireille Laplanche est abasourdie : pour la première fois depuis trois ans que le concours a été mis en place, elle est élue Boudin de bronze. Et pas Boudin d'or ! C'est une certaine Astrid Blomvall qui lui a volé le titre, ainsi qu'une cinquième, Hakima Idriss, la deuxième place. Les trois filles ainsi élues se rencontrent, et se rendent compte qu'elles ont un point commun : le 14 juillet. L’Élysée. La Fête Nationale. Les trois jeunes filles décident de rallier Paris depuis Bourg-en-Bresse à vélos, tout en vendant... des boudins !

   C'est avec une émotion particulière que je vous présente aujourd'hui Les petites reines de Clémentine Beauvais. Je l'ai lu après les (nombreuses) recommandations d'une de mes amies, et je dois bien reconnaître que j'ai très bien fait.

   On rencontre avec ce roman un personnage très atypique : Mireille Laplanche, une jeune adolescente au physique ingrat mais au cœur d'une beauté rare. Mireille est très surprise : elle n'a pas remporté le concours des Boudins, elle, la tenante du titre depuis deux ans ! Alors aussitôt, elle veut découvrir l'identité de ses usurpatrices : Astrid Blomvall et Hakima Idriss. Celles-ci sont inconsolables, alors que Mireille décide de les prendre sous son aile. C'est alors qu'elles se rendent compte qu'elles ont un point commun : L'Elysée, le 14 juillet, lors de la Fête Nationale. Elles décident alors de commencer un périple à vélos jusqu'à Paris, bien évidemment médiatisé, et financé par une vente de boudins sur les routes de France.

   Ce roman a agit sur moi comme une thérapie. Comme Mireille, à un stade beaucoup moins avancé et grave quand même, j'ai subi le harcèlement à l'école. Parce que, voyez-vous, je cumulais beaucoup de défauts : je portais des bagues, des lunettes, et en plus, j'étais intello. Alors, c'est vrai que c'était de bonnes raisons d'être persécutée par les autres (spoiler : non.). Mais moi, j'avais pas la même force d'esprit que Mireille à l'époque, et voir un personnage aussi solaire à qui il est arrivé les mêmes soucis que moi au collège (de type, liste des filles de la classe, en partant de la plus belle jusqu'à la moins belle) (bizarrement, la même liste n'existait pas pour les garçons) m'a fait un bien fou. J'avais envie d'aller voir la Gaëlle de 14/15 ans, lui donner toutes les punchlines de Mireille entre les mains, et de lui dire "vas-y, sers-toi de ces armes". Mireille n'est peut-être pas belle physiquement, mais c'est un personnage au cœur pur et plus beau que le plus brillant des joyaux.

   On ne rencontre pas uniquement le personnage de Mireille dans ce livre. Astrid et Hakima, ses deux amies, se révèlent et se découvrent au fur et à mesure du roman. Astrid la jeune fille déboussolée des premières pages laisse place à une jeune fille sûre d'elle, aux instincts maternels très développés. On découvre une relation presque mère-fille entre elle et Hakima, qui elle, découvre le petit bout de femme qu'elle est en train de devenir. Hakima apprend à avoir confiance en elle, à devenir sûre d'elle. Le voyage que les filles ont entrepris les a non seulement quelque peu libérées des diktats de la beauté (même si elles se découvrent encore des faiblesses et des fêlures, ce qui est normal), mais elles ont également découvert qui elles étaient vraiment.

   Les petites reines aborde beaucoup de sujets importants et d'actualité. Le harcèlement, surtout à l'école, est le sujet fondamental du roman, mais celui-ci dérive vers d'autres sujets qui touchent notamment au féminisme, sujets auxquels je suis particulièrement sensible : le changement des corps à la puberté, les diktats et injonctions à la beauté, à travers les personnages des trois filles, mais aussi à travers Kader Idriss, a.k.a le Soleil. Clémentine Beauvais cite Olympe de Gouges ainsi que Madmoizelle dans son roman, notamment, des influenceur.se.s du féminisme, des fenêtres sur ce combat pour l'égalité homme-femme. Et Clémentine Beauvais aborde ces sujets sur un fond de légèreté et d'humour, et une fraîcheur remarquable.

   Les petites reines est un roman à mettre entre les mains de chaque adolescent que vous rencontrez, mais pas seulement. C'est un roman qui peut faire du bien à l'adulte que vous êtes devenus, car il permet de faire une sorte de thérapie rétrospective, et de faire la paix avec son Moi adolescent. Je l'ai notamment prêté à ma mère dès la fin de ma lecture, car je me suis dit que ce roman lui ferait également beaucoup de bien. Ce roman m'a fait le même effet que My Mad Fat Diary, une série que je recommande vivement de regarder à tout le monde, et j'ai même lâché une larme à la fin du livre. Les petites reines est un livre d'une magie et d'une majesté incroyable, et je suis ravie et émue d'avoir croisé sa route.
   Mais attention : le long de la piste cyclable !


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dimanche 19 novembre 2017

Cold Winter Challenge 2017 | CHALLENGE

   Salut toi !

   "Oh la la, quelle originalité, Gaëlle, on ne s'attendait pas du tout à cet article de ta part cette année encore, c'est pas comme si tu participais pas chaque année au challenge Cold Winter et nous soûlais pas avec sur les réseaux sociaux..." Je sais ce que vous pensez, mais, eh, vous m'aimez comme ça non ? Ce challenge me tient particulièrement à cœur chaque année, parce que déjà, il me permet de sortir des livres qui attendent depuis longtemps dans ma PAL, et en plus, c'est mon moment cocooning de l'année.


   Comme vous le savez sans doute, vu que j'en parle chaque année, ce challenge a été créé par Antonine, et modéré par Margaud cette année sur les réseaux sociaux. Je vous laisse la vidéo de Margaud ci-contre, qui vous en parlera mieux que moi :
 
   Bon, vu que moi, j'avais déjà prévu ma PAL pour cet évènement depuis beeeeeelle lurette (vous pouvez d'ailleurs retrouver tous les livres qui me tentent pour le CWC dans une liste publique sur mon compte Livraddict juste ici), je me suis rendue compte avec amusement que je remplissais trois des quatre menus concoctés par Margaud cette année : les menus "La magie de Noël" avec Les Carillons de Charles Dickens et Noël à Virgin River de Robyn Carr, "Flocons Magiques" avec le tome 2 de L'épée des ombres de J.V. Jones, La Forteresse de glace grise, et enfin "Marcher dans la neige" avec Winter de Rick Bass et Vouloir toucher les étoiles de Mike Horn. A ceux-ci, je souhaite rajouter deux livres supplémentaires cette année : Esprit d'hiver de Laura Kasischke et Le Petit Chaperon Rouge : Un Nouveau Monde de Leandro de Carvalho.


  • Les Carillons (contes de Noël) de Charles Dickens
  • Noël à Virgin River de Robyn Carr
  • Le Petit chaperon Rouge : Un Nouveau Monde de Leandro de Carvalho
  • Vouloir toucher les étoiles de Mike Horn
  • L'épée des ombres, tome 2 : La Forteresse de glace grise de J.V. Jones
  • Esprit d'hiver de Laura Kasischke
  • Winter de Rick Bass

Et voilà pour moi ! J'espère avoir rappelé ce challenge à votre bon souvenir, et vous retrouver en décembre autour de belles lectures, de plaids tous doux et de chocolats chauds bien réconfortants. En tous cas, moi je sais déjà que mon mois de décembre (outre les partiels et le stress à l'IUT) sera absolument parfait, livresquement parlant.




mardi 14 novembre 2017

Personne ne gagne

Titre original : You can't win
Auteur : Jack Black
Edition : Monsieur Toussaint Louverture
Collection : Les Grands Animaux
Parution originale : 1932
Genre : Mémoires
Origine : Etats-Unis
Nombre de pages : 480 pages

   Résumé : Thomas Callaghan, dit "Jack Black", né dans le Missouri, aux Etats Unis. Orphelin de mère et délaissé par son père, il est fasciné par les grands bandits qu'il côtoie depuis sa plus tendre enfance et mène très vite une vie de "hobo". Il devient à l'âge adulte un "yegg", un perceur de coffres émérite, puis est condamné à 26 ans de prison. Il raconte ses mémoires à sa sortie de prison, alors qu'il est engagé par un journaliste, dans le cadre de sa réinsertion dans la société.

   Personne ne gagne est un des deux livres que j'ai lu cette année que je classe dans mes coups de cœur ultimes de cette année 2017. Je l'avoue, si je me suis intéressée à ce livre de prime abord, c'est en premier lieu pour sa couverture magnifique : la maison d'édition Monsieur Toussaint Louverture fait un travail superbe avec sa nouvelle collection des Grands Animaux, qui compte à ce jour, et pour le moment, trois romans. Et non seulement ces livres sont avant tout de très beaux objets, mais ils sont aussi très peu chers, surtout pour du semi-poche. En ce qui concerne Personne ne gagne, je peux vous assurer que le contenu est aussi bon que l'extérieur est beau.

   Personne ne gagne est le témoignage de Thomas Callaghan, alias "Jack Black", un grand bandit du XIXè siècle, né dans le Missouri, aux Etats-Unis. Etant orphelin de mère et délaissé par son père, celui-ci se retrouve à devoir rouler sa bosse très jeune, et côtoie de ce fait des personnes très peu fréquentables, surtout à cette époque aux Etats-Unis. Très vite, ils se retrouve embrigadé par des voyous pour faire des casses et cambrioler des coffres. Jack Black va notamment devenir un yegg, un perceur de coffres émérite. Toujours en quête de liberté, il va cependant se retrouver régulièrement en prison, et va écoper de 26 ans d'enfermement.

   L'intérêt principal que je trouve à ce livre, c'est que ce n'est pas un roman, et pourtant, ça ressemble à un roman. Jack Black raconte son histoire avec une plume de conteur, on a cette impression que l'auteur nous raconte son récit comme s'il était présent dans la pièce, avec une forme d'oralité qui rend le récit très fluide et agréable à lire. Mais cette histoire n'est pas un conte, c'est une histoire vraie. Tout ce que raconte Jack Black lui est réellement arrivé, c'est une forme d'autobiographie, ce qui est d'autant plus intéressant qu'on a une vraie vision de la vie dans l'Ouest des Etats-Unis au XIXè siècle, vision que l'on a d'habitude seulement à travers les différents westerns qu'a pu produire Hollywood, et qui est souvent très romancée. Ici, Jack Black nous expose sa vie de hobo de manière brute, dans un style qui explose tous les stéréotypes. Jack Black n'a pas le souci de plaire, comme beaucoup d'auteurs qui écrivent leur autobiographie, mais simplement d'exposer une vie sujette aux préjugés et à une certaine fascination.

   Jack Black atteint un autre objectif en nous contant son histoire : conter un récit authentique, raconter ces vies que l'on ne connaît pas, que nous ne comprenons pas. C'est un récit dans lequel le lecteur s'implique, et devient presque complice des méfaits du narrateur, on le suit dans son monde et on s'imprègne de ses codes. C'est un récit qui vient du cœur, plein de vie et d'espoir, qui contraste avec une vie sans avenir et dangereuse. Le temps d'une lecture, on intègre ce réseau de cambrioleurs, de receleurs, de bandits, qui ne connaissent que leurs propres codes et leurs propres lois, ne respectent que leurs propres valeurs. Raconter son histoire, c'est cependant également raconter les dessous peu glorieux : les arrestations, la prison, la mort. Jack Black insiste particulièrement sur le sujet, et a pour combat dans ses dernières années de changer la politique des prisons américaines. A l'époque, la torture et le matraquage des prisonniers était autorisé, et loin de dissuader ceux-ci de récidiver à leur sortie de prison, et de se réinsérer dans la société, cela allume la flamme de la vengeance dans leur esprit et les pousse à recommencer, toujours d'une manière plus extrême. Jack Black a eu la chance de tomber sur les bonnes personnes à la fin de sa peine. Personne ne gagne, c'est le discours rétrospectivement amer et pessimiste d'un homme qui rêvait de liberté, et qui ne peut l'avoir en entier. Personne ne gagne, c'est le récit de celui qui réalise que dans la vie, personne ne gagne. Le narrateur regarde son passé, sans juger, mais avec une certaine sagesse, le révèle avec tendresse sans atténuer sa rudesse, sans se dédouaner, sans bien-pensance, sans arrière pensée.

    Personne ne gagne est un récit brut, mais plein de tendresse ; chaud, qui dépeint un monde froid ; terriblement authentique. Ces mémoires d'un grand bandit forment un concentré d'une Amérique qui perdure encore aujourd'hui, soulèvent des problématiques toujours d'actualité, toujours avec une simplicité déconcertante et une verve de conteur.

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vendredi 10 novembre 2017

Autre Monde, tome 1 : L'alliance des Trois

Auteur : Maxime Chattam
Edition : Le Livre de Poche
Parution originale : 2008
Origine : France
Genre : Fantastique, Post-Apocalyptique, Surviving
Nombre de pages : 451 pages
 Résumé : Personne ne l'a vue venir. La Grande Tempête : un ouragan de vent et de neige qui plonge le pays dans l'obscurité et l'effroi. D'étranges éclairs bleus rampent le long des immeubles, à la recherche de leurs proies, qu’ils tuent ou transforment... Après leur passage, Matt et Tobias se retrouvent sur une Terre ravagée, différente. Désormais seuls, ils vont devoir s’organiser. Pour comprendre. Pour survivre... à cet Autre-Monde.


   Autre Monde est le premier roman de Maxime Chattam que je lis. C'est un auteur que j'ai toujours boudé, et ce, uniquement par préjugé. Maxime Chattam est un auteur spécialisé dans le roman policier, un genre de roman qui ne m'a jamais particulièrement attirée, son nom est donc peu présent dans ma bibliothèque. Cependant, j'ai décidé de lui laisser une chance après avoir regardé les Instastories de Lemon June sur le sujet. Ça avait l'air différent, la couverture était cool, alors je me suis lancée. Et j'ai eu raison.

   On retrouve avec ce premier tome deux amis, Matt et Tobias. Ceux-ci sortent du collège un jour, et constatent qu'une tempête est sur le point de se former, ils se dépêchent alors de rentrer chacun chez eux. Alors que celle-ci éclate, Matt se rend compte que cette tempête n'est cependant pas comme les autres : elle est particulièrement violente, puisque ses éclairs font disparaître ou transforment en monstres presque tous les adultes, épargnant les enfants. Tobias et Matt se retrouvent ensuite, et décident de partir vers le sud des Etats-Unis afin de découvrir si des groupes de survie se sont formés. C'est alors que commence une grande aventure à travers les Etats-Unis ravagés.

   Ce que j'ai particulièrement apprécié avec ce premier tome, ce sont les préoccupations écologiques que soulève Maxime Chattam. En effet, à travers les paroles de ses personnages, il fait le présupposé que la Terre, notre maison, possède une conscience, et que celle-ci, en créant une tempête qui décima presque toute sa population adulte, décida de se révolter contre tout le mal qui lui a été fait depuis que l'Homme vit. Et personnellement, je la trouve particulièrement patiente, la Terre, parce que moi ça ferait depuis longtemps que j'aurais écrasé la vermine qui me ronge la peau si j'étais elle, j'aurais pas attendu des siècles.  Même si un siècle dans la vie de la Terre doit correspondre à une seconde dans ma vie, mais bon. Je m'égare.
   L'idée de ce roman est de rendre la Terre à ses héritiers, les enfants. Celle-ci les a épargnés car elle estime que les enfants ont droit au bénéfice du doute et qu'ils sont encore les plus aptes à réparer les erreurs de leurs aînés. Toujours d'après ce que les enfants présupposent, puisque dans ce premier tome, aucune réponse n'est données, seules des suppositions sont faites. Il faudra attendre la suite pour comprendre, et donc être patients.

   Ce que je remarque avec cette première entrée dans l'univers de Maxime Chattam, c'est que ses romans ont l'air d'être ultra référencés. Dès le départ, l'auteur ouvre une fenêtre sur son univers musical, cinématographique et littéraire, on sent qu'il met du sien dans son livre et ça fait du bien à lire. Mais du coup, cela a ses avantages et ses inconvénients : en ce qui concerne la construction des personnages principaux, j'ai eu des réminiscences d'autres trios de personnages que j'ai vu dans d'autres œuvres littéraires : Matt, Tobias et Ambre m'ont fait penser à certains moments à Harry, Ron et Hermione dans Harry Potter de JK Rowling, mais aussi, et surtout, à Percy, Grover et Annabeth dans la saga Percy Jackson de Rick Riordan : Matt est un personnage qu'on peut qualifier de "stupidement héroïque et loyal", tout comme Percy, Tobias est un personnage particulièrement peureux, mais qui possède un cœur d'or et une loyauté à toute épreuve, à l'image de Grover, et Ambre est la fine stratège du groupe, tout comme l'est Annabeth. Du coup, je n'ai pas trouvé que ces personnages avaient une existence propre dans ce roman, je les ai trouvés un peu caricaturaux, et j'espère que cela changera dans les tomes à venir.

   Dans tous les cas, L'Alliance des Trois est un très bon premier tome à mon sens : il y a de l'action et des péripéties, je ne me suis pas ennuyée une seule fois au cours de ma lecture, les personnages bien qu'un peu clichés sont agréables et on prend plaisir à suivre leurs aventures, l'histoire tient debout et est cohérente en fonctions des codes de l'univers de l'auteur. Le roman possède tous les ingrédients d'une excellente saga en devenir, et j'ai hâte de découvrir la suite.

mardi 7 novembre 2017

GLOW | Chronique Série

Titre original : GLOW
Créée par : Liz Flahive & Carly Mensch
Origine : Etats-Unis
Genre : Comédie
Première diffusion : 23 juin 2017
Sur : Netflix
Vue en : VOSTFR
S'étend sur : 1 saison, 10 épisodes
Durée d'un épisode : 35 minutes
Statut : En production
Avec : Alison Brie, Betty Gilpin, Sydelle Noel, Britney Young, Marc Maron
   Pitch : Ruth est une actrice au chômage qui enchaîne les auditions et les déceptions. Elle se présente suite à une annonce recherchant des femmes "non conventionnelles". Sur place, elle apprend qu'il s'agit d'un spectacle de catch féminin télévisé, GLOW. En parallèle, elle doit gérer ses erreurs passées avec le mari de sa meilleure amie, la vedette de GLOW.
   Si on m'avait dit un jour que je me prendrais d'affection pour quoi que ce soit qui ait un rapport avec le catch, je crois que j'aurais ri au nez de cette personne. Et pourtant, GLOW, la nouvelle série de Netflix qui rend hommage aux Gorgeous Ladies Of Wrestling (= les Sublimes Dames du Ring), une série éponyme de catch féminin diffusée dans les années 80, est une de mes séries préférées de 2017, voire une de mes préférées tout court.
   GLOW raconte l'histoire de Ruth, une actrice au chômage qui peine à trouver du travail au début de la série et enchaîne les auditions sans jamais être rappelée. Elle se pense ratée, car elle ne trouve ni travail, ni mec, ni objectif dans la vie. En plus, elle a commis une grosse erreur avec le mari de sa meilleure amie un soir où elle avait forcé sur la bouteille, ce qu'elle regrette amèrement. Sa vie bascule le jour où elle est appelée pour une audition pour un casting recherchant des "femmes non conventionnelles". Elle s'aperçoit alors qu'elle va participer à un show mettant en scène des matchs de catch féminin, pour un programme télévisé intitulé GLOW, Gorgeous Ladies Of Wrestling. N'y prêtant que très peu de crédit et ne le prenant pas au sérieux au départ, Ruth va finir par s'investir pleinement dans ce monde de paillettes, de castagne et de costumes hauts en couleur.

   L'aspect le plus réussi de cette série à mon sens, c'est le respect de l'atmosphère d'époque. La série est kitsch au possible, mais dans un sens positif du terme, que ce soit au niveau de la mode, où l'on retrouve l'esthétique de l'époque disco (on a l'impression de voir des clins d’œil à Fame ou Flashdance à certains moments de la série), mais aussi dans le choix de la caméra, qui donne un aspect fuligineux caractéristique de l'image que donne une cassette VHS, et contribue à immerger le spectateur dans cette époque très haute en couleur. Ces éléments combinés donnent l'impression, dans les scènes de catch de la série, de suivre un véritable show télévisé produit dans les années 80. Il n'y a qu'à regarder un extrait du pilot de la série originale, près de 40 ans séparent celle-ci de la série de Netflix, et on sent vraiment l'effort fourni pour que le show rende le meilleur hommage possible.

 
Opening theme of the original GLOW show

     Si vous cherchez un show à personnages, cette série ne risque pas de vous plaire. Ce n'est pas le genre de série qui est faite pour développer des personnages ou des relations entre ceux-ci, du moins ce n'est pas le but de cette première saison. Tout simplement parce que cette saison 1 est là pour nous montrer exclusivement les coulisses d'un show télévisé de catch féminin. Les actrices jouent le rôle de personnages qui jouent un rôle eux-même, c'est une mise en abyme du travail d'acteur.ice, et on ne peut tout simplement pas s'attacher à des personnages qui se cachent derrière un rôle. Cependant, j'aime beaucoup la dynamique des filles dans leur travail, elles rendent vraiment bien sur le ring, et le point positif, c'est qu'elles sont toutes très différentes les unes des autres. C'est la même réflexion que j'ai fait dans mon article sur Orange is the new Black, et ce n'est pas anodin : Jenji Kohan, la showrunner de cette dernière série, est productrice exécutive sur GLOW, et cela se sent quand on regarde le show, je n'ai absolument pas été étonnée quand j'ai eu l'information. 
   GLOW aborde également le thème de la misogynie et le sexisme dans le milieu du catch, notamment à travers le personnage de Sam, l'entraîneur des filles qui se montre particulièrement détestable dès le début de la série. Le problème que j'ai avec ce personnage, c'est que plus on avance dans la série, moins son personnage misogyne se fait caricatural et il se fait plus nuancé, mais pas dans ses opinions. On commence même à l'apprécier. Et ça m'embête un peu, car c'est la parfaite illustration du sexisme intériorisé : les filles voient bien qu'il les traite comme des personnes inférieures, mais elles finissent par laisser couler, et même par l'apprécier. Le souci, c'est que ce n'est pas évident que la série illustre le sexisme intériorisé et banalisé à travers ce personnage, et heureusement que les filles sont là pour montrer des modèles de femmes, chacune fortes à leur manière.


  
   GLOW met en lumière le travail en amont d'un show télévisé de catch, c'est-à-dire l'élaboration d'une histoire (oui, parce que le catch c'est pas juste des mecs ravagés du cigare qui se tapent sur la pomme), de préférence une histoire qui glorifie les Etats-Unis et gonfle l'ego des spectateurs ; l'apprentissage de figures de catch ; l'écriture de personnages très caricaturaux : le personnage de la mère américaine, celui de l'ennemie russe, celle qui vit sur les cotisations, etc... on se rend compte que le catch aux Etats-Unis est un vrai moyen d'un côté pour pointer du doigt ce qui ne fonctionne pas dans le paysage politique, social, économique américain, et dans le monde (d'ailleurs, beaucoup de catcheurs professionnels supportent des associations et autres organisations qui aident à enrayer l'analphabétisation dans le monde, ou supportent la recherche contre le cancer) mais paradoxalement, il cherche à conforter le spectateur moyen américain dans ses opinions (la Russie est l'ennemi, l'Américain est gentil).


   En définitive, GLOW est, très subjectivement, une des meilleures séries que Netflix ait produit jusqu'à aujourd'hui, mais même objectivement, il s'agit d'une excellente série. Elle mêle hommage à une véritable institution aux Etats-Unis, et messages forts de dénonciation sur de nombreux sujets de société très importants. C'est aussi une série très divertissante, avec une super B.O. d'ailleurs, en tous cas pour ceux qui adorent la musique des années 80 (personnellement j'ai Shazamé toutes les chansons), et le pilot est assez incroyable, c'est un des meilleurs à mon sens, toutes séries confondues. Cependant, c'est une série hyper référencée, si on n'apprécie pas le catch un minimum, ou même seulement les codes du catch, il vaut mieux passer son chemin. C'est donc une série que je ne conseillerais pas à tout le monde, mais je vous propose d'au moins essayer le pilot, très représentatif du reste de la saison.

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