lundi 2 octobre 2017

L'évolution de la société anglaise d'après-guerre, avec Downton Abbey | Chronique Série

Titre original : Downton Abbey
Créée par : Julian Fellowes
Origine : Royaume-Uni
Genre : Série dramatique/Costume Drama
Première diffusion : 26 septembre 2010
Sur : ITV1
Vue en : VOSTFR, VO
S'étend sur : 6 saisons, 52 épisodes
Durée d'un épisode : 50 min environ, 1h30 pour les finaux
Statut : Terminée depuis le 25 décembre 2015
Avec : Hugh Bonneville, Elisabeth McGovern, Maggie Smith, Dan Stevens, Michelle Dockery, Laura Carmichael, Jessica Brown Findlay, Jim Carter, Penelope Wilton
   Résumé : On suit la vie de la famille Crawley et de leurs domestiques au manoir de Downton, dans le Yorkshire, entre le 15 avril 1912 et le 31 décembre 1925.
 
   Downton Abbey est une série qui se situe dans une suite logique de séries historiques comme les britanniques en font beaucoup, la série historique étant au Royaume-Uni ce que la série policière est aux Etats-Unis. Elle raconte l'histoire d'une famille aristocratique anglaise et de leurs domestiques, influencée par les différents grands évènements du début du XXè siècle qu'ils vont subir tout au long des six saisons qui constituent la série. Celle-ci débute au lendemain du naufrage du Titanic, à bord duquel se trouvait l'héritier du manoir de Downton, qui devait épouser Mary Crawley, la fille aînée de Lord Grantham, His Lordship. Panique à bord du vaisseau Crawley, s'ils ne marient pas leur fille aînée à l'héritier de Downton, la famille perd le titre de Comte, le domaine ainsi que leur fortune, tous trois indissociables. En plus de ça, deux années plus tard, la Première Guerre Mondiale est déclarée, modifiant à jamais les rapports que la haute bourgeoisie anglaise entretient avec les domestiques et autres travailleurs, mais aussi le rapport aux médias (télévision, cinéma, musique, radio,presse écrite, ...) de la société anglaise du début du XXè siècle.


   C'est ainsi, l'un des thèmes principaux de la série : l'évolution de la société anglaise d'après-guerre. En effet, elle illustre parfaitement le rapprochement de l'aristocratie avec la caste des travailleurs, que ce soit sur le champ de bataille, où les hommes venaient de tous horizons et de toutes classes sociales, mais aussi dans les campagnes, où les femmes de toutes castes sociales ont appris à manier le scalpel et le fil de suture, ainsi qu'à conduire, puisque les hommes ne sont plus là pour assumer toutes leurs tâches. Après la guerre, l'évolution de la société continue : les femmes s'émancipent de plus en plus, on en a une belle illustration avec le personnage de Sybil Crawley, véritable féministe et Suffragette de la série, ainsi qu'avec le personnage d'Edith Crawley, qui va prendre son essor telle une chenille qui se transforme en papillon.


   L'évolution de la société passe également par la fracture de la frontière entre aristocratie (que l'on appelle upstairs) et caste ouvrière (que l'on appelle downstairs) ; grâce au personnage de Tom Branson, chauffeur de la famille Crawley, nous avons une parfaite image de ce que peut représenter cette fracture d'après-guerre pour la société anglaise. 

   La série nous offre pas uniquement un point de vue positif sur l'évolution de la société anglaise d'après-guerre : en effet, celle-ci montre les points de vue des plus jeunes, notamment les enfants Crawley, mais également les plus jeunes domestiques, qui voient là une opportunité de gagner en liberté et libre-arbitre sur leur vie, mais également le point de vue des plus âgés, comme Lord Grantham, Lady Violet, ou encore Carson le majordome, qui voient cette évolution d'un mauvais œil car trop éloignée de la vie à laquelle ils sont habitués et qu'ils sentent qu'elle leur file entre les doigts.


   Downton Abbey est également l'occasion de découvrir certaines des plus belles histoires d'amour que la télévision ait pu nous offrir jusqu'ici. Grâce aux personnages de Mr. Bates et Anna, vous allez passer par toutes les émotions possibles et imaginables : la frustration, la joie, la colère, la tristesse, la joie de nouveau, leur couple est une montagne russes d'émotions en tous genres. La relation de Sybil et Tom est toute aussi belle, quoique teintée d'amertume en ce qui me concerne, mais ça, vous découvrirez pourquoi en visionnant la série. 

   Enfin, il faut dire quelque chose à propos de Downton Abbey. Si la série n'offrait pas une photographie magnifique, des scénarios très bien écrits, ainsi que des jeux d'acteurs remarquables, on se retrouverait vite devant Les Feux de l'amour. Downton Abbey, ce sont des grandes joies qui arrivent d'un seul coup, des grandes peines qui vous tombent brusquement sur les épaules, et ce, de manière plus ou moins aléatoire et brusquement. J'ai rarement passé un épisode sans pleurer et rire à la fois. Ce sont des grandes périodes de temps qui passent en quelques dizaines de minutes, je me souviens d'un épisode où on annonce une grossesse au début, et à la fin de l'épisode, la femme accouche. Seulement, c'est une série d'une grande qualité scénaristique, en ce qui concerne la réalisation, mais aussi la direction des acteurs, et c'est pourquoi Downton Abbey ne peut être qualifiée de soap opera, mais plutôt de costume drama.


   Downton Abbey est une série chère à mon coeur, c'est à mon avis une valeur sûre à conseiller à tout le monde. Elle se regarde très facilement, on s'attache et s'indentifie à tous les personnages à un moment où l'autre, je ne crois pas avoir vraiment détesté ne serait-ce qu'un personnage parce que la série ne nous renvoie pas une image biaisée de ceux-ci. Il n'est pas question d'y dire "les aristocrates sont méchants, les domestiques sont gentils", il y a des personnages malveillants et bienveillants upstairs comme downstairs, et on suit leurs aventures désastreuses ou bienheureuses. Downton Abbey est ce que j'appelle une série doudou, c'est-à-dire qu'elle fait du bien au corps et à l'esprit, elle est à consommer avec un bon thé anglais et des petits gâteaux, et ce, bien enroulé.e dans un bon plaid bien chaud.

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samedi 9 septembre 2017

A Song of Ice and Fire, tome 3 : A Feast For Crows

Auteur : George R. R. Martin

Edition : J'ai lu

Parution originale : 2010

Genre : Fantasy

Origine : Etats-Unis

Nombre de pages : 894
   Résumé : Sanguinaires, perfides et rusés, les Lannisters sont au pouvoir sur le Trône des Sept Couronnes au nom de leur fils, le jeune roi Tommen. La guerre à Westeros s'intensifie et s'aggrave, mais les conséquences amères de ses conflits redistribuent les pièces du jeu des trônes. Les familles Martell et Stark cherchent vengeance pour leurs morts. Euron l’œil-de-Choucas, qui est allé plus loin en mer que n'importe quel pirate, revient des ruines fumantes de l'Antique Valyria pour réclamer le Trône de Grès des Îles de Fer. Par delà le Nord glacé, où les Autres menacent le Mur, l'apprenti mestre Samwell Tarly apporte un mystérieux enfant à la Citadelle. Sur une toile de fond d'inceste et de fratricide, d'alchimie et de meurtres, la victoire ira aux hommes et femmes dont le cœur est aussi froid que le plus froid des aciers.
 "- Will the king and I have children ? She asked.
- Oh, aye. Six-and-ten for him, and three for you. Gold shall be their crowns, and gold their shrouds. And when the tears have drowned you, the valonqar shall wrap his hands about your pale white throat and choke the life from you." Maggy the Frog.

   En ce moment, je suis en pleine relecture de la saga A Song of Ice and Fire, comme chaque année au moment de la diffusion de la nouvelle saison de la série Game of Thrones qui me donne toujours envie de me replonger dans l'univers littéraire. Puisque je m'étais arrêtée au tome 3 en ce qui concerne mes chroniques sur le blog, je continue avec le tome 4 aujourd'hui.

   Le tome 4, ainsi que le tome 5, A Dance with Dragons, sont des tomes découpés de manière particulière : en effet, alors que l'auteur était en train d'écrire le livre qui devait suivre le tome 3, A Storm of Swords, il s'est rendu compte qu'il avait trop écrit pour un seul tome, ce qui est le comble pour un auteur. Au lieu de tout simplement couper le tome en deux parties égales par le milieu, George R. R. Martin a eu l'idée de couper son livre en fonction de la géographie de son univers : le tome 4, A Feast for Crows, concentre son intrigue sur le Sud de Westeros et les Cités Libres, et le tome 5, A Dance with Dragons, se passe essentiellement sur Essos, le Nord de Westeros et le Mur et au-delà. Ainsi, au lieu d'avoir la moitié de l'histoire de tous les personnages pour un tome, vous aurez la totalité de l'histoire d'une moitié des personnages sur un tome. Vous n'entendrez que très peu parler de Jon, Daenerys, Tyrion ou encore Theon dans A Feast for Crows, en revanche vous trouverez un nombre optimal de chapitres concernant Cersei, Jaime, Brienne, ou encore Sansa et Arya, et vous rencontrerez les personnages d'Arianne Martell et de Victarion Greyjoy. En bref, l'histoire que vous lirez dans les tomes 4 et 5 se déroule sur une même période chronologique, simultanément.

   Personnellement je ne suis pas super fan du système. J'aurais préféré que George R. R. Martin fasse comme avec A Storm of Swords et coupe l'histoire en deux, de façon à ce qu'on continue à voir tous les personnages dans chaque tome. Je trouve ce tome beaucoup plus inégal que les précédents. A Feast for Crows est un tome plus politique, moins dans l'action, ce qui fait que l'on s'ennuie assez souvent avec ce livre. Les questions de politique sont en effet assez rébarbatives à la lecture ; se plonger dans les litiges parlementaires entre King's Landing et Vivesaigues, le problème de régence à la gouvernance du Val d'Arryn ou encore les questions de succession sur le Trône de Grès des Îles de Fer sur des centaines de pages n'a rien d'attrayant. Le problème, c'est que ces sujets revêtent des questionnements qui seront importants pour la suite de la saga, et qu'il est important de comprendre maintenant ce qu'il s'y passe. Malheureusement, les chapitres qui m'ont le plus intéressée concernent des personnages que nous voyons peu dans ce tome : il s'agit de ceux d'Arianne Martell, de Brienne et de Sam. Ce sont les chapitres qui contiennent le plus d'action et d'avancement de l'histoire, les deux éléments qui gardent le lecteur captif de sa lecture. C'est pour cela que je préfère A Dance with Dragons, le tome suivant, parce que nous retrouvons enfin les personnages de Jon, Daenerys et Tyrion, qui sont les personnages qui offrent le plus d'action, en plus du fait qu'ils font partie de mes personnages préférés. 

   Pour faire une petite étude comparative avec la série : je ne suis, pour ne pas changer, pas de l'avis de ceux qui trouvent ennuyeux que les showrunners se soient éloignés des livres à partir du tome 4 et de la saison 5. J'aurais détesté voir dans la saison 5 de la série ce que j'ai lu en ce qui concerne les personnages de Jaime et de Sansa dans ce tome par exemple : cela n'aurait eu aucun intérêt cinématographique de filmer ce type d'intrigues et nous nous serions ennuyés devant notre écran (maintenant cela ne m'empêche pas d'être sensible au sort de Sansa dans la série). Bien que la saison 5 ait de sérieuses lacunes sur le plan scénaristique pour certains personnages (le massacre de l'intrigue de Dorne étant une honte par exemple) nous aurions eu bien plus à lui reprocher si elle avait été fidèle aux livres. Je trouve au contraire que les showrunners ont corrigé certaines longueurs des livres dans la série par ailleurs. 

   Pour conclure, je suis assez mitigée sur ce tome 4, ce n'est certainement pas mon préféré de la saga, même si celui-ci met en place une intrigue assez incroyable pour la suite, et promet un feu d'artifice (ou grégeois) pour tous les personnages de la saga. En tous cas, une chose est sûre : je n'aimerais pas être un personnage de livres confiée aux mains de George R. R. Martin.

dimanche 3 septembre 2017

La Passe-Miroir, tome 3 : La Mémoire de Babel

Auteure : Christelle Dabos
Edition : Gallimard
Parution originale : 2017
Genre : Fantasy, Jeunesse
Origine : France
Nombre de pages : 496
   Résumé : Thorn a disparu depuis deux ans et demi et Ophélie désespère. Les indices trouvés dans le livre de Farouk et les informations livrées par Dieu mènent toutes à l'arche de Babel, dépositaire des archives mémorielles du monde. Ophélie décide de s'y rendre sous une fausse identité.


      Le troisième tome de La Passe-Miroir est le livre qu'il me tardait de tenir entre mes mains cette année, surtout après la fin que le tome 2 nous donnait, et qui nous laissait envisager une suite très prometteuse.
   Nous retrouvons Ophélie deux ans et demi après les évènements du Clairdelune : elle est retournée vivre de force sur Anima, surveillée par les Doyennes et sa famille qui l'empêchent de partir à la recherche de Thorn. Ce qui est sans compter sur ses amis du Pôle, Archibald, Gaëlle et Renard, qui ont toujours un tour dans leur sac pour aider la jeune fille. Ils vont l'aider à atteindre l'arche de Babel, sur laquelle Ophélie est pratiquement sûre que Thorn a atterri afin de dénicher l'indice permettant d'anéantir Dieu, et sur laquelle tout aurait apparemment commencé. Les deux jeunes gens se retrouvent alors de nouveau embarqués dans de grandes aventures, et surtout, dans les ennuis. 

   Ce que j'ai adoré dans ce tome-ci, c'est le changement radical d'atmosphère : Babel n'a rien à voir avec les arches du Pôle et d'Anima, déjà drastiquement différentes. Babel m'a fait penser, même si je n'y suis jamais allée moi-même, à des bazars et des souks des pays du Maghreb, à la première description. C'est très exotique, on sent de la surprise chez le personnage d'Ophélie quand elle arrive sur l'arche, car elle n'a jamais vu quelque chose de semblable dans sa vie, une sensation très agréable à la lecture.
   L'évolution se ressent également au niveau des personnages : en effet c'est normal que les personnages évoluent au fur et à mesure de l'avancement d'une histoire, mais Christelle Dabos sait très bien l'écrire : elle se fait progressivement, presque sans que le lecteur s'en rende compte, ce qui rend très plaisante la lecture de certains actes des personnages que l'on sait qu'ils auraient été incapables d'accomplir auparavant. Ophélie par exemple, se montre beaucoup plus curieuse et ne se cache plus comme elle le faisait avant, et Thorn se montre plus entreprenant (à sa propre façon) et ose poser des questions qu'il n'aurait peut-être pas eu "l'audace" de poser avant. Cela peut se mettre en corrélation avec le fait que leur relation les a changée, elle aussi. 

   L'univers qu'a créé Christelle Dabos s'étend encore et prend encore plus de profondeur. Toutes certitudes que nous avions sur cet univers se brisent, et l'on ronge notre frein en tournant les pages frénétiquement pour enfin connaître le fin mot de l'histoire. Ce que je déplorerais avec ce tome, mais seulement parce que je n'aime pas être totalement élogieuse dans mes critiques, c'est l'absence presque totale de certains des personnages que j'ai adoré dans les deux premiers tomes. Ophélie et Thorn rencontrent de nouveaux personnages très intéressants, mais les anciens manquent un peu, malgré quelques chapitres où nous les entr'apercevont.

   Pour conclure, je dirais que je suis assez époustouflée de voir que, malgré trois tomes déjà bien complets, la saga de La Passe-Miroir ne s'essouffle pas et même continue de nous étonner et de se développer. Si vous ne l'avez toujours pas commencée, je vous la conseille vivement, et sinon, foncez vous procurer ce troisième tome, vous ne le regretterez pas.

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lundi 28 août 2017

L'épée des ombres, tome 1 : La Caverne de Glace Noire

Auteure : J.V. Jones
Edition : Le Livre de Poche
Collection : Orbit
Parution originale : 2011
Genre : Fantasy
Origine : Royaume-Uni
Nombre de pages : 946
   Résumé : Les Maleterres. Un lieu hostile, figé dans un éternel hiver. Au Nord, des clans guerriers en conflit. Au Sud, des seigneurs avides qui convoitent les territoires des clans. À 16 ans, Raif est un archer accompli. Sa vie bascule le jour où, de retour de la chasse, il découvre que les hommes du clan, parmi lesquels son père, ont été horriblement massacrés. Ash est la fille adoptive de Penthero Iss, haut-seigneur d’une forteresse. À 15 ans, elle est une très belle adolescente, mais elle est hantée la nuit par des cauchemars de glace et de sang. Ensemble, Raif et Ash s’enfuiront sur les Maleterres enneigées, poursuivis par les sbires de Penthero Iss…
   Y a quelques mois, j'ai eu envie de me remettre à la fantasy adulte, autre que A Song of Ice and Fire de George R. R. Martin, ou toute autre œuvre relative à l'univers de cet auteur. Et ça tombe bien, parce qu'il y a quelques mois, ce bon gros pavé a attiré mon œil sur une étagère d'une librairie. Alors toute contente, j'achète mon livre, le commence... et je l'ai terminé y a seulement quelques jours. Vous comprendrez j'imagine, que mon avis est un peu mitigé sur ce tome 1 de L'Epée des Ombres de J.V. Jones.

   L'histoire raconte la quête de deux adolescents, Raif Ruptur, et Ash de la Marche. Le premier est un jeune guerrier déchu d'un des plus anciens clans du Nord, et la seconde, la pupille d'un seigneur du Sud, recueillie aux portes de la ville, laissée pour morte par sa mère à la naissance, et, soupçonne-t-elle, gardée prisonnière par son tuteur. Raif fait route vers le sud avec son oncle. La nuit, Ash fait des rêves étranges, peuplés d'une caverne de glace noire dans le nord, et de voix désincarnées qui l'appellent. Les destins des deux adolescents vont se croiser, et les réunir dans une grande quête au cœur des terres glacées des Maleterres.

   J'ai vraiment adoré l'intrigue, qui est captivante. L'autrice sait jouer avec différents points de vue, installer du suspens, dévoiler des éléments de l'intrigue sans trop en dire, ce qui donne envie de continuer et de dévorer les pages. Cependant, ce n'est pas le cas dès le début du livre. Pendant environ les 300 premières pages, le rythme est assez lent, il n'y a que peu d'action, et l'on s'ennuie quelque peu. J'ai mis aux alentours de 6 mois, comme je le disais plus tôt, à lire ces 300 premières pages. Dès que Raif et Ash se rencontrent, c'est le moment où les choses s'accélèrent, où l'on commence à voir où le roman nous mène, et c'est cela que je reproche à ce tome 1 : l'introduction est trop longue pour ce qu'elle raconte, et c'est assez dommage, car celle-ci aurait pu tenir en 100 pages, tout au plus.

   Mis à part ces longueurs, j'ai beaucoup aimé lire ce premier tome, dès que l'intrigue se lance vraiment, on ne peut pas s'empêcher de dévorer les pages. Notamment grâce à ses personnages, et notamment le duo Ash/Raif qui est très efficace. Tous deux ont une vraie alchimie, et leur relation se développe tranquillement et avec intelligence. J'aime aussi ces personnages séparément : Ash est une fille endurante, persévérante et forte, et même si elle n'a aucune expérience du Nord, du froid et de la guerre, elle n'est pas un poids mort pour son compagnon de route. Raif est un garçon sérieux et réfléchi, et j'apprécie son sens de l'honneur. Il me fait penser à Jon Snow, qui est mon personnage préféré de la saga de George. R.R. Martin, lui aussi pour son sens de l'honneur et de la loyauté. 

   Outre les deux personnages principaux, il y a un autre personnage que j'adore, et il s'agit d'Angus. Celui-ci est l'oncle de Raif, qui l'embarque avec lui dans un voyage vers le sud. C'est un homme bourru et d'une grande bienveillance, et il a souvent été une source d'humour pour moi dans ce roman. J'espère que son personnage sera plus approfondi dans les prochains tomes.

   Finalement, Je dirais que La Caverne de glace noire n'est pas forcément un excellent premier tome, mais qu'il débute une saga qui me semble très prometteuse. De plus, c'est une saga dont je vois très peu de chronique sur les blogs ou sur Youtube, et je suis donc ravie de pouvoir vous présenter cette saga de fantasy. J'espère que malgré les quelques défauts que j'ai pu citer, je vous ai donner envie de donner une chance à L'épée des ombres, car celle-ci mérite, je pense, qu'on lui accorde de l'attention. Je confirmerai ou non dès le prochain tome.

jeudi 3 août 2017

L'Epouvanteur, tome 2 : La malédiction de l'Epouvanteur

Auteur : Joseph Delaney
Edition : Bayard Jeunesse
Parution originale : 2006
Genre : Fantasy Jeunesse
Origine : Angleterre
Nombre de pages : 362
    Résumé : Voilà six mois que tu es l'apprenti de M. Gregory, me dit maman. Tu as déjà été témoin de bien des événements. A présent, l'obscur t'a remarqué et va tenter de te neutraliser. Tu es en danger, Tom. Toutefois, rappelle-toi ceci lorsque tu seras un homme, mon fils, ce sera au tour de l'obscur d'avoir peur, car tu ne seras plus la proie, tu seras le chasseur. C'est pour cela que je t'ai donné la vie."
   L'Épouvanteur et son apprenti, ornas Ward, se sont rendus à Priestown pour y achever un travail. Dans les profondeurs des catacombes de la cathédrale est tapie une créature que l'Épouvanteur n'a jamais réussi à vaincre. On l'appelle le Fléau. Tandis que Thomas et M. Gregory se préparent à mener la bataille de leur vie, il devient évident que le Fléau n'est pas leur seul ennemi. lanquisiteur est arrivé à Priestown. Il arpente le pays à la recherche de tous ceux qui ont affaire aux forces de l'obscur! Thomas et son maître survivront-ils à l'horreur qui s'annonce ?
    On retrouve aujourd'hui Tom Ward et ses aventures avec John Gregory, l'Epouvanteur, et je peux vous dire qu'à la lecture des premières lignes, j'ai su tout de suite deux choses. Premièrement : cette série m'avait manqué, et deuxièmement : je savais déjà à ce moment que ce tome-ci serait un coup de cœur. Y a des livres comme ça, en lisant ne serait-ce que deux lignes, j'ai un sixième sens qui se réveille et me donne cette sensation, je ne sais pas si c'est pareil pour vous.
  
   Encore une fois, Tom et l'Epouvanteur doivent faire face à un ennemi puissant : après la sorcière qu'ils ont dû neutraliser dans le premier tome, Mère Malkin, voilà que le maître et son apprenti doivent s'occuper d'une créature presque divine qui terrorise Priestown, une ville du Comté, et qui est Le Fléau. Ouais, carrément. Sauf que, manque de bol, c'est une ville dans laquelle la religion a une grande place dans la vie des habitants, et possède le plus grand nombre de prêtres du pays. Sachant que la religion rejette l'obscur et ceux qui le combattent par autre chose que des prières, comme l'Epouvanteur par exemple, autant dire que nos deux héros ont du souci à se faire, et une chasse aux sorcières à éviter. Sans parler d'Alice, la jeune sorcière rencontrée dans le tome 1 qui va encore leur causer des problèmes. 

   Je suis ravie par ce tome-ci surtout grâce au personnage d'Alice. Ce roman ne fait que confirmer mon amour pour cette petite sorcière, résolue à aider ceux qu'elle considère comme ses amis en utilisant tous les moyens possibles, les bons, comme les mauvais. J'aime beaucoup son caractère de tête de mule et sa volonté d'aider, même si parfois elle met plus dans le pétrin qu'elle n'aide. C'est tout de même grâce à elle au final que Tom et l'Epouvanteur s'en sortent, et c'est pourquoi elle est essentielle. Je suis très contente parce qu'elle apparaît encore plus dans ce tome que dans le dernier.
   Tom est toujours un peu naïf, même si on sent une évolution dans le personnage : extrêmement trouillard dans le tome 1, on sent que les six mois passés auprès de l'Epouvanteur lui ont fait du bien et il est prêt à prendre plus de risques dans son métier.
   J'aime aussi qu'on en apprenne un peu plus sur le personnage de l'Epouvanteur, qui est tout de même très mystérieux. On a des révélations sur son passé, sur ses débuts dans le métier, quelques erreurs de jeunesse qui permettent de nuancer la vision du personnage que l'on a. 

   Ce tome est bien plus complet que le premier, qui faisait un peu roman d'exposition. Il y a plus de péripéties, on creuse un peu plus les personnages, et on comprend peu à peu en quoi Tom est un apprenti Epouvanteur différent des autres, ce que sa mère sous-entend depuis le début. Généralement, quand j'ai aimé beaucoup un premier tome d'une longue saga, le soufflé retombe avec le tome 2 alors que ce devrait être lui qui fasse prendre la mayonnaise et me donne envie de continuer. C'est ce qu'il s'est passé avec la saga des Chevaliers d’Émeraude d'Anne Robillard, par exemple. Là, ce tome 2 confirme mon amour pour cette saga, et j'ai hâte d'acquérir le tome 3. J'ai dévoré ce tome 2, j'y ai même passé deux ou trois nuits dessus, cela faisait longtemps que c'était pas arrivé, et ça m'a fait beaucoup de bien.

   Je termine donc sur cette question : quels sont les romans qui, au-delà du fait de les avoir aimé, vous ont procuré du bien ?

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vendredi 28 juillet 2017

La Quête d'Ewilan, tome 3 : L'île du Destin

Auteur : Pierre Bottero
Edition : Rageot
Parution originale : 2003 
Genre : Fantasy, Jeunesse
Origine : France, Francophone
Nombre de pages : 335
   Résumé : Camille et ses compagnons ont réussi à réveiller les Figés, mais leur quête ne s'arrête pas là. Elicia et Altan Gil' Sayan sont toujours endormis quelque part en Gwendalavir, et Camille, aidée de son frère Akiro et de ses amis, doit partir à leur recherche. Entre meutes de loups sauvages, des pirates sanguinaires et une Sentinelle revancharde, le chemin de Camille reste semé de dangers...



   Cette chronique traite le sujet d'un tome final d'une saga littéraire. Pour éviter d'éventuels spoilers, je vous revoie par ce lien à ma chronique du tome 1.

    Je dois bien avouer qu'à la fin du deuxième tome de cette série, j'étais restée assez sceptique. Premièrement, comme dans le premier tome, j'ai trouvé la fin assez précipitée et expédiée. Et en plus, la quête semble finie, à la fin du tome 2 ? Qu'est-ce que l'auteur va bien pouvoir raconter qui mérite encore 300 pages dans le troisième tome ? J'étais donc à la fois dubitative, et curieuse, quand j'ai ouvert ce dernier livre de la trilogie.

   En réalité, j'avais tort de douter de Pierre Bottero. Non seulement cet auteur avait un don pour raconter les histoires, mais en plus, il débordait d'une imagination sans faille, nous offrant dans ce dernier tome une fin de quête aux accents vacillants entre réécriture de La Belle au Bois Dormant et légendes arthuriennes. J'ai particulièrement apprécié les analogies entre Gwendalavir et Avalon, et l'explication du côté fantasque et légendaire de la quête arthurienne dû au fait qu'elle ait eu lieu dans un autre monde.

   Ce qu'il y a de génial avec cette trilogie, si je devais faire un bilan de tout ce début du cycle d'Ewilan dans cette chronique, c'est qu'on ne s'ennuie jamais dans notre lecture. Les aventures s'enchaînent rapidement, il y a toujours de l'action, une pointe d'humour, jamais un instant de flottement ou un passage qu'on a envie de lire en diagonale parce que trop long. Même au bout du troisième tome, Pierre Bottero arrive encore à surprendre son lecteur, jeune ou plus âgé, à l'emporter dans son imagination et son histoire. L'auteur a compris comment raconter des histoires aux enfants, qui n'ont pas ou ont peu de patience, et il faut toujours trouver le moyen d'amener un peu d'action à chaque moment de l'histoire pour maintenir leur attention sur l'intrigue. C'est pour cela que c'est très dur d'écrire des romans pour la jeunesse, et Pierre Bottero était un maître dans le genre.

   Dans ce dernier tome de cette première trilogie, on découvre de nouvelles facettes des personnages, et notamment on découvre deux nouveaux personnages qui vont avoir beaucoup d'importance pour cette fin de trilogie, qui sont Mathieu et Siam, respectivement le frère de Camille et la sœur d'Edwin. Nous connaissions déjà Mathieu dans le premier tome, mais celui-ci a radicalement changé dans ce livre-ci, et on découvre pour la première fois Siam, et personnellement, avec Ellana, Siam est mon personnage féminin préféré de cette saga. Toutes sont fortes, incroyablement douées au combat, et pourtant d'une féminité rare. Elles sont à mon avis un bon role model pour les jeunes filles, et montrent que finalement, la détermination, l'aptitude au combat, la confiance en soi, n'ont pas de genre, surtout, ne sont pas exclusivement des qualités masculines. 
   Par ailleurs, je n'ai pas encore lu la trilogie du Pacte des Marchombres qui raconte l'histoire d'Ellana, ce sera la dernière série de Pierre Bottero que j'aurai à lire avant de finir toute sa bibliographie. J'ai donc hâte de découvrir en profondeur un de mes personnages préférés tous romans confondus, mais je suis aussi triste car ce sont les derniers écrits de l'auteur que je peux encore découvrir, il n'y aura plus jamais rien de nouveau à lire de Pierre Bottero après cela.

   En conclusion, ce troisième et dernier tome termine d'une façon magistrale une excellente série de fantasy jeunesse, quoique la fin me semble encore un peu trop précipitée, mais c'est le seul défaut que je trouve à l'écriture de Pierre Bottero. Je suis très heureuse d'avoir enfin lu un des monuments de la littérature jeunesse française, qui est La Quête d'Ewilan. Je ne sais toujours pas comment j'ai fait étant plus jeune pour ne pas lire cette série, sachant que je la connaissais, qu'elle était disponible au CDI de mon collège, que j'avais toutes les occasions possibles et imaginables de la lire. C'est fait aujourd'hui, c'est l'essentiel, et je suis ravie de porter en moi l'histoire merveilleuse d'Ewilan.

   Pour finir, j'ai découvert ce projet d'adaptation en film du premier tome de La Quête d'Ewilan grâce à Margaud Liseuse dans sa dernière vidéo, qui a besoin d'un petit coup de pouce pécuniaire pour voir le jour. Le projet est disponible sur la plateforme Ulule en cliquant ici, et si vous avez les moyens de participer au projet en faisant un don, et que vous en avez envie, sautez sur l'occasion, vous aiderez peut-être à la réalisation d'un film adapté d'une série chère à votre cœur !

   Sur ce, je vous laisse à belles lectures, salut !

mardi 25 juillet 2017

Le Livre de Perle

Auteur : Timothée de Fombelle
Edition : Gallimard (Pôle Fiction)
Parution originale : 2014
Nombre de pages : 325
Genre : Jeunesse, Conte
Origine : France
   Résumé : Tombé dans notre monde une nuit d’orage, un homme emprunte le nom de Joshua Perle et commence une vie d’exilé. Cette nouvelle vie fugitive, déchirée par un chagrin d’amour, est aussi une quête mystérieuse. Au fil du siècle, Perle rassemble un trésor pour défaire le sort qui l’a conduit loin de chez lui. Mais ceux qui l’ont banni et le traquent le laisseront-ils trouver le chemin du retour? Perle a-t-il raison de penser que la fille qu’il aime l’attend toujours là-bas ?

   Cela faisait un bon moment que je lorgnais sur ce titre, mais depuis quelques temps, surtout avec mon budget restreint, j'ai tendance à acheter essentiellement mes livres en poche. J'ai donc saisi l'occasion de m'offrir Le Livre de Perle de Timothée de Fombelle quand je l'ai vu aux édition poche Pôle Fiction de Gallimard.

   J'ai été transportée par ce roman, je n'ai tout simplement jamais rien lu de tel. Le travail de l'auteur entrepris sur ce roman est assez audacieux. Celui-ci mêle en effet le conte de fées au roman historique, ce qui est, je pense, inédit dans la littérature jeunesse. L'histoire est simple : un jeune homme est exilé du royaume des fééries dans lequel il vivait pour se retrouver dans notre monde, à l'époque de la Seconde Guerre Mondiale, dans une famille juive.
   La façon d'écrire elle-même de l'auteur est assez atypique, et la façon dont les deux univers se superposent au début est un peu difficile à suivre, on ne comprend pas grand chose à propos de qui sont ces personnages, d'où ils viennent, où ils sont, mais une fois que l'on saisit la logique, et ça ne prend pas longtemps, on comprend tout.
   Les deux mondes apparaissent froids et cruels, mais il réside des personnages bons, et avec eux, une atmosphère chaleureuse qui les entoure. En France, dans les années 40, on rencontre la famille Perle et sa boutique de guimauves. L'écriture de Timothée de Fombelle est très sensorielle quand il s'agit de cette petite boutique, et j'ai vraiment eu cette sensation de douceur et de chaleur que l'on retrouve dans une boutique de bonbons, et on croit sentir les odeurs douces et enivrantes des petites guimauves aux amandes, aux mûres et pistaches, les arômes de rose et de vanille. Dans le monde des fééries, on rencontre Olia, une petite fée douce accompagnée de son puma blanc. Cette petite fée, je me l'imagine entourée d'un halo lumineux, d'une aura de sérénité et de chaleur. Elle se trouve un peu en retrait dans l'histoire, travaillant dans l'ombre pour faire revenir la personne qu'elle aime dans leur monde.

   Le personnage de Perle apparaît un peu rustre, voire bourru, quand on le rencontre pour la première fois. Au fur et à mesure que l'on navigue dans ses souvenirs, que l'on se perd dans son voyage et sa fuite, on finit par apprécier ce personnage, sa détermination et l'amour qui le motive pour rentrer chez lui. C'est finalement cela l'objectif des personnages de ce livre : ils veulent tous rentrer chez eux.

   Ce roman a beau être classifié dans la littérature jeunesse, je serais très curieuse de voir ce qu'il se passerait si, en librairie, on rangeait ce livre en littérature générale. Si les personnes un peu plus âgées, les adultes, se pencheraient sur ce livre, et oseraient lui donner sa chance. J'ai remarqué que beaucoup d'adultes de mon âge, et même plus âgés que moi, n'osent pas s'aventurer dans les rayons jeunesse, comme si lire de la littérature jeunesse à leur âge n'en feraient pas des lecteurs légitimes. C'est évidemment faux. Il existe beaucoup de romans jeunesse qui sont des pépites, et il est dommage de passer à côté, juste parce que des personnes ont décrété que vous avez passé l'âge. Il est assez triste je pense que des personnes complexent encore sur leurs lectures de cette manière.

   Je vous invitent donc à vous pencher sur le cas Timothée de Fombelle, qui est un excellent auteur français (cocoricooooo) pour la jeunesse. L'idée, vous voyez, c'est que cet auteur voit les adolescents comme ce qu'ils sont, c'est-à-dire des personnes intelligentes et à même de réfléchir, quand on ne tente pas de les infantiliser.
   Le livre de Perle est un roman un peu labyrinthique, on peut se perdre dans les méandres du temps et de l'espace des deux univers mêlés. Mais je pense que c'est une écriture nécessaire pour un roman aussi onirique que celui-ci. On a l'impression d'avancer comme dans un rêve, un peu flou, un peu brumeux, désorientant. C'est une sensation qui peut ne pas plaire à tout le monde, personnellement, j'aime parfois être perdue dans un livre, et me laisser transporter par l'auteur. Dans ce livre, être perdu est une situation inhérente à tous les personnages, et pour se rapprocher d'eux, pour s'identifier, le lecteur doit à mon avis être dans le même état d'esprit.

vendredi 21 juillet 2017

Weekend à 1000 #4

Salut toi !

   Ça fait un bail que je n'ai pas fait de Weekend à 1000, et j'en ai loupé un paquet depuis le début de l'année, et surtout, depuis la nouvelle formule du challenge par Lili Bouquine. En effet, il s'est tenu depuis le début de l'année non seulement des Weekend à 1000 traditionnels, mais aussi des Weekend à lire (le concept est le même, sauf qu'on choisit soi-même son nombre de pages à lire) et une Semaine à lire (on choisit le nombre de pages à lire en une semaine), que j'ai tous loupé.
   Et pour cause, sans m'étaler dessus pour ne pas vous ennuyer, j'ai passé un début d'année assez difficile dans tous les domaines, et j'ai été un peu trop préoccupée pour me soucier de challenges littéraires.
  
   Aujourd'hui, tout va mieux rassurez-vous, je reprends ma vie en main, si je puis dire, et j'ai eu follement envie, aujourd'hui, à la dernière minute, de participer au challenge du Weekend à 1000 de juillet.
Comme d'habitude, petit rappel des "règles" du challenge : en un weekend, du vendredi soir au dimanche à minuit, on est censé lire 1000 pages, sur liseuse ou livre papier, et sur n'importe quel type de livre. Celui-ci se tient à partir d'aujourd'hui, vendredi 21 juillet, à partir de 19h, jusqu'au dimanche 23 juillet à minuit. 

   Et j'ai choisi pour ce weekend une PAL très jeunesse, et aussi très francophone (cocoricooooo) :

  • Le Livre de Perle de Timothée de Fombelle
  • Animale de Victor Dixen
  • La Quête d'Ewilan, tome 3 : L'île du destin de Pierre Bottero
   Et si j'ai le temps, je me rajoute, pour le plaisir, une relecture du tome 1 des Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire : Tout commence mal...



   Comme d'habitude, j'updaterai cet article chaque jour du challenge, pour résumer mon avancée. Si vous participez aussi, je vous souhaite un bon challenge, je vous propose en commentaire de me poster votre PAL ou commenter votre avancée, et sinon, je vous souhaite de belles lectures et un bon weekend !

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    Vendredi 21 juillet

   Je commence le challenge un peu plus tard que prévu, vers 22h environ, puisque je mange un peu tard en ce moment. Je pensais ne pas beaucoup lire ce soir, parce que j'étais un peu fatiguée. Mais j'ai été emportée par la plume de Timothée de Fombelle, je sens que Le Livre de Perle est une belle petite pépite. Je lis 100 pages pile et je vais me coucher vers minuit.

   Samedi 22 juillet

   Levée à 10h, je continue Le Livre de Perle un tout petit peu. Comme il fait pas très beau en plus, je suis emmitouflée sous mon plaid comme dans un cocon, et je termine le livre en début de soirée. J'ai beaucoup aimé ma lecture, qui est un roman jeunesse, mais que je pourrais aussi bien classer en littérature générale, pour voir si des personnes autres que des ados peuvent s'y intéresser. Je m'arrête pour aujourd'hui avec 325 pages au compteur. Je ne sais pas si je vais terminer le challenge, sachant que j'ai beaucoup à faire le lendemain, mais j'enchaînerai avec le dernier tome de La Quête d'Ewilan. En attendant, je m'arrête pour le samedi, pour me poser devant Downton Abbey avec mon tricot, comme la parfaite petite mamie que je suis au fond de moi.

   Dimanche 23 juillet

   Ce dimanche, j'ai très peu lu en vérité. En ce moment je suis en train de faire mes cartons chez moi pour déménager fin août, du coup j'ai occupé mon après-midi à empaqueter mes affaires. Mais du coup, j'ai lu un peu le matin, et j'ai commencé le troisième tome de la trilogie La Quête d'Ewilan. Un troisième tome qui commence alors qu'on est directement envoyer dans le feu de l'action, j'aime vraiment beaucoup ce début, et la tournure que prend les évènements, Pierre Bottero avait une plume très intelligente. J'ai lu 125 pages, qui se rajoutent aux 325 pages que j'ai lu le samedi. Je termine ce challenge avec un total de 450 pages lues. J'avais bien dit le samedi en Instastories sur Instagram que je n'avais pas l'intention de terminer le challenge cette fois-ci, mais je suis satisfaite d'avoir au moins terminé un livre durant le weekend.

   BILAN :

   Même si je n'ai pas terminé le challenge, je suis assez satisfaite de moi-même, cela faisait longtemps que je n'avais pas terminé un livre en si peu de temps, et ça fait du bien parfois de lire toute une journée. Je participerai peut-être au prochain challenge du Weekend à 1000, mais maintenant je ne promets plus rien, sachant à quel point mon humeur fluctue en ce qui concerne ces challenges. A bientôt pour d'autres aventures livresques !

  

mardi 18 juillet 2017

Orgueil et Préjugés

Auteure : Jane Austen
Edition : Ultim
Parution originale : 1813
Origine : Angleterre
Genre : Romance
Mouvement littéraire : Romantique
Nombre de pages : 411
   Résumé : A Longbourn, Mrs Bennett est déterminée à marier ses cinq filles, afin d'assurer un avenir à la famille. Lorsque Mr. Bingley vient s'installer à Netherfield, le domaine d'à côté, avec ses sœurs et son ami Mr. Darcy, elle espère vivement qu'une de ses filles retiendra son attention. Elizabeth Bennett, jeune fille espiègle et cadette de la famille, est, pour sa part, particulièrement irritée par l'orgueil apparent de Mr Darcy.

   Aujourd'hui, mardi 18 juillet 2017, nous rendons hommage à la célèbre femme de lettres anglaise Jane Austen, décédée il y a exactement 200 ans. C'est avec émotion que je saisis l'occasion pour aborder le sujet Orgueil et Préjugés sur le blog, un de mes romans préférés, d'une de mes auteures préférées.
    Orgueil et Préjugés est un des plus grands romans qu'a connu le romantisme anglais au XIXè siècle. Il fait partie des textes fondateurs du romantisme tel que nous le percevons aujourd'hui, et pas seulement en Angleterre.

   L'histoire en est très simple : dans la famille Bennett, il y a cinq filles, que la mère, Mrs Bennett, est déterminée à marier, pour leur assurer un avenir, incertain à cause de démêlés testamentaires. Celle-ci ne se sent plus de joie quand, dans le domaine de Netherfield, à quelques kilomètres de leur domaine seulement, Mr. Bingley, un jeune homme fringant nouvellement arrivé dans le comté s'installe avec ses sœurs et un de ses amis, Mr Darcy. Mrs Bennett est déterminée à ce que l'une de ses filles l'épouse. En parallèle, Elizabeth Bennett, la fille cadette, est passablement irritée par le comportement de Mr. Darcy, et lui préfère un officier, Mr. Wickham.

   Outre une jolie petite histoire, le roman met un point d'honneur à livrer des portraits psychologiques de ses personnages, ce qui d'un côté permet au lecteur de développer un certain nombre de réflexions notamment sur le comportement de l'être humain, mais également d'avoir l'impression d'être au plus proche des personnages.
   L’œuvre dépeint et dénonce également les rigidités de la société, notamment aristocratique, anglaise, au tournant des XVIIIè  et XIXè siècles. A travers le personnage d'Elizabeth, et ses réflexions espiègles, ironiques, voire acides, Jane Austen soulève les problèmes auxquels les femmes de la petite gentry (c'est-à-dire la noblesse non titrée en Angleterre) sont confrontées, pour s'assurer un statut social et une sécurité économique. La famille Bennett sera par ailleurs source de moqueries de la part des sœurs de Bingley, qui ne les trouvent pas assez distinguées. Le mariage et l'argent sont par conséquent deux des sujets principaux du roman, puisque ce sont souvent les deux solutions pour s'élever dans la société lorsqu'on est une femme, au XIXè siècle, en Angleterre, et servent de bases pour le développement des intrigues secondaires.


 
   Le style d'écriture de Jane Austen est à l'image de son personnage principal : incisif, ironique, satirique. La première phrase du roman est là pour le prouver : It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune, must be in want of a wife", que l'on peut traduire par "C'est une vérité universellement reconnue qu'un homme célibataire pourvu d'une belle fortune doit être en quête d'une épouse". Ces premiers mots sont une pure parodie du raisonnement de l'époque, ironiquement inversé ici dans une antiphrase : ce sont en fait les jeunes filles qui sont désespérément à la recherche d'un mari bien pourvu, et le lecteur doit ainsi comprendre que ce roman est une satire des conventions sociales.
   L'auteure n'est pas tendre avec ses personnages, et offre parfois des descriptions caricaturales de ceux-ci. Elle fait par là la satire d'une société hypocrite où le rang et le sang, la richesse ainsi que l'apparence ont plus d'importance que les valeurs morales. Elle ne se fait cependant pas une moralisatrice, se contentant de montrer du doigt et d'en rire. Le titre même de l’œuvre dénonce ces valeurs factices de la société : il faut revoir ses jugements, ne pas condamner quelqu'un sur les simples apparences.



   En définitive, Orgueil et Préjugés est un roman d'une plus grande profondeur qu'il n'y paraît. Grand classique de la littérature anglaise, il est celui des romans de Jane Austen qui a été le plus adapté à la télévision et au cinéma, les deux adaptations que je préfère étant celle de 1995 avec Colin Firth et celle de 2005 avec Keira Knightley. Si vous n'avez jamais lu cette œuvre, je vous la conseille vivement, ainsi que ses 5 autres romans, Northanger Abbey, Emma, Persuasion, Sense and Sensibility, et Mansfield Park, mais également un de ses romans mineurs, qui est Lady Susan (disponible aux éditions Folio 2€)

   Je vous laisse avec cette question : quel est votre roman préféré de Jane Austen ?

https://buffyslibrary.blogspot.fr/search/label/Coup%20de%20c%C5%93ur


dimanche 16 juillet 2017

Doctor Who : Le Treizième Docteur enfin révélé !


   C'est l'annonce que j'attendais avec le plus d'impatience cet été : la révélation de la prochaine incarnation du Docteur dans la série britannique plusieurs fois récompensée Doctor Who. Cette année, plus que les autres fois, j'étais particulièrement excitée par cette annonce, car les rumeurs selon lesquelles le Docteur serait enfin incarné par une femme se multipliaient depuis la régénération du Maître en Missy dans la saison 8, incarné par la merveilleuse Michelle Gomez. Dans un show qui a pour sujet principal la tolérance et la diversité, il me semblait très important que le Docteur, toujours incarné depuis les années 60 par un homme blanc, soit cette fois-ci interprété, si ce n'est par une femme, au moins par un homme racisé. 

   Et cette année fut la bonne ! Aujourd'hui, le dimanche 16 juillet 2017, la BBC a enfin annoncé son nouveau Docteur, incarné par... Jodie Whittaker ! Vous pouvez d'ailleurs visionner le clip promotionnel de l'annonce sur le site de la BBC en cliquant sur ce lien, un clip qui est d'ailleurs absolument magnifique.

   Pour ceux qui ne situent absolument pas l'actrice, c'est assez normal en fait ! Elle est pratiquement inconnue au bataillon, si ce n'est qu'elle a joué dans la série britannique Broadchurch, aux côtés de David Tennant et Arthur Darvill, qui sont eux-mêmes d'anciens acteurs de Doctor Who, incarnant respectivement le Dixième Docteur et Rory Williams dans la série. La coïncidence est trop grosse pour en être une, et d'ailleurs, n'en n'est pas une : Chris Chibnall, le showrunner de Broadchurch, sera, dès la saison 11, le nouveau showrunner de Doctor Who, prenant la place de Steven Moffat, et emporte Jodie Whittaker, une des actrice principales de son ancienne série, avec lui au passage. Quoiqu'il en soit, je trouve que c'est un excellent choix pour la série, et je pense que Jodie Whittaker va apporter de la fraîcheur au show. 


   Que dire de mes attentes pour les saisons à venir ? Et bien, au vu du dernier épisode de la saison 10, j'espère que Michelle Gomez reprendra son rôle de Missy, car je meurs d'envie de voir son duo avec Jodie Whittaker. Deux Time Ladies dans la série, c'est du jamais vu encore, et j'ai vraiment envie de voir ça. Pour ce qui est du companion de celle qui est maintenant Thirteen, la Treizième Docteur, j'ose encore espérer que Pearl Mackie reviendra dans la série également. Sinon, je n'ai pas d'attente particulière au cas où ce soit un nouveau companion. Inverser les genres jusqu'au bout pour avoir un homme companion serait intéressant, dans l'idée où le Docteur était toujours un homme, et le companion le plus souvent une femme, et en même temps, avoir un casting principal pour les prochaines saisons qui serait entièrement féminin, serait un programme très attirant selon moi. Dans tous les cas, je suis très satisfaite du choix de la BBC, et je crois que je n'ai jamais autant attendu une saison de Doctor Who de ma vie. J'attends déjà l'épisode spécial de Noël pour la régénération de Capaldi, car je sens déjà que l'incarnation du Docteur par Jodie Whittaker sera une de mes préférées de toute la série. 


      Et vous ? Que pensez-vous de cette annonce ?

samedi 15 juillet 2017

Novecento : pianiste

Auteur : Alessandro Baricco
Edition : Folio
Parution originale : 1997
Origine : Italie
Nombre de pages : 84
Genre : Théâtre
   Résumé :  Né lors d'une traversée, Novecento, à trente ans, n'a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l'Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d'un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n'appartient qu'à lui: la musique de l'Océan dont l'écho se répand dans tous les ports.
Sous la forme d'un monologue poétique, Baricco allie l'enchantement de la fable aux métaphores vertigineuses.

   J'ai lu ce livre dans le cadre de ma formation en Métiers du Livre à l'IUT. L'avantage cette année, c'est que j'ai pu choisir mes lectures pour l'année dans une liste de plusieurs dizaines de livres tous plus différents les uns que les autres, ce qui me change beaucoup de la fac où nous avons un programme bien défini et non échangeable. J'ai donc choisi ce livre parce que j'ai déjà un roman d'Alessandro Baricco dans ma PAL, qui s'appelle Soie, et que j'avais donc envie d'enfin apprendre à connaître cet auteur pour de bon.
   Novecento : pianiste raconte, à travers les yeux d'un trompettiste du bateau Le Virginian, l'histoire étrange du grand pianiste des océans Danny Boodmann T.D. Lemon Novecento, un jeune homme de trente ans, né sur le bateau, qui n'a jamais posé le pied à terre. D'une certaine manière, cette histoire m'a un peu rappelé celle du Joueur d'échecs de Stefan Zweig, qui raconte l'histoire du champion du monde des échecs, voyageant sur un bateau l'emmenant au Brésil, vaincu dans un duel par un mystérieux inconnu.

   Novecento : pianiste est un petit livre (il est long de moins d'une centaine de pages) vraiment particulier : à la lisière du roman et de la pièce de théâtre, on ne saurait dire s'il est l'un ou l'autre. L'auteur lui-même, dans une sorte de préface, lui donne le nom de "monologue", qui est un terme emprunté au théâtre, et la disposition du texte à certains endroits ainsi que sa police en italique laisse penser au lecteur qu'il s'agit de didascalies, encore un terme spécifique au théâtre. Cependant, le reste du texte est disposé comme dans un roman, avec des interventions d'autres personnages, sans qu'ils soient introduits comme au théâtre, des descriptions, du récit. Ce petit livre se présente comme un ovni de la littérature. 

   Alessandro Baricco fait plus qu'écrire sur la musique dans ce livre. Il écrit la musique, jouant sur les sonorités, innovant l'écriture et s'amusant avec les mots et la disposition du texte, comme un pianiste qui compose une musique et s'amuse à ajouter des bémols ou des dièses par-ci, par-là, sur sa partition. Tout au long de ce livre, Baricco fait l'analogie entre la musique et le voyage. La musique traverse les frontières, réunissant tous les horizons sur ce bateau. On y entend le blues et le jazz, mais aussi l'opéra, et la musique étrange, presque universelle, de Novecento. D'une manière ironique, ce n'est pas le bateau qui le fait voyager, mais la musique. A chaque nouvelle composition, il voyage dans une nouvelle ville, un nouveau coin du monde. A travers les yeux de son ami, Baricco nous offre le portrait touchant d'un personnage étonnant, et une histoire qui vaut le coup d'être lue.

   Le style d'Alessandro Baricco est très agréable à lire, plein de paradoxes, à la fois travaillé, et semblant spontané, parfois trivial mais d'une grande beauté. J'ai passé un assez bon moment avec ma lecture. Ce petit livre est d'une grande poésie, même si sa lecture ne m'a pas bouleversée plus que cela et n'est pas un coup de cœur. Elle reste une très belle lecture, et je ne peux que la recommander si l'alliance de littérature et de musique est un sujet qui vous intéresse dans un livre, et si vous voulez une lecture qui sorte des sentiers battus.

mercredi 12 juillet 2017

Orange is the New Black : un manifeste du féminisme | Chronique Série

Titre original : Orange is the New Black
Créée par : Jenji Kohan
Origine : Etats-Unis
Genre : Comédie dramatique
Première diffusion : 11 juillet 2013
Sur : Netflix
Vue en : VOSTFR, VO
S'étend sur : 5 saisons, 65 épisodes
Durée d'un épisode : 55 minutes/1 heure
Statut : En production
Avec : Taylor Schilling, Laura Prepon, Kate Mulgrew, Uzo Aduba, Danielle Brooks, Natasha Lyonne, Laverne Cox, Taryn Manning, Selenis Leyva, Adrienne C. Moore, Dascha Polanco, Samira Wiley, Yael Stone, Diane Guerrero, Jackie Cruz, Lea Delaria, Elisabeth Rodriguez, Jessica Pimentel.
   Pitch : Piper Chapman est condamnée à quinze mois de prison pour trafic de drogue. Elle est incarcérée à la prison pour femmes de Litchfield, de sécurité minimale. Là-bas, elle tente de se faire à sa nouvelle vie, entre le clanisme, les réseaux et les fortes personnalités des autres détenues. 
    Si je dis que Orange is the New Black est un manifeste du féminisme, ce n'est pas une hyperbole destinée uniquement à attirer votre attention sur mon article. Enfin, un petit peu, mais pas seulement. C'est le terme qu'emploie Uzo Aduba, l'actrice qui joue Suzanne "Crazy Eyes" Warren dans la série, lors d'une interview du 12 juin 2017 dans La Parisienne : "La série est un manifeste du féminisme de par son existence même. C'est un show qui offre un point de vue sur des femmes par des femmes, ce show est dirigé par des femmes, et bien sûr le film a été créé par des femmes qui ont rempli leur salles d'écriture par des scénaristes femmes parce qu'elles comprennent mieux les capacités des femmes scénaristes. C'est en ça que le show a été révolutionnaire par rapport à d'autres "séries de femmes" " Un show créé, encadré et interprété essentiellement par des femmes, qui traite des problématiques qui concernent les femmes, voici ce qui est au programme de Orange is the New Black.


   Nous pouvons commencer par la qualité la plus évidente de la série : celle-ci présente un nombre incroyable de portraits de femmes toutes plus différentes les unes des autres. Chaque épisode se présente en deux parties entremêlées : l'intrigue de la prison, en quasi-huis clos car les filles n'ont pas accès au monde extérieur, et l'histoire d'une des détenues, sous la forme de flashbacks, racontant la vie de la détenue avant d'être incarcérée. Cette série a beau avoir quelques défauts de narration, jamais il n'a existé une série ou un film présentant autant de femmes dans leurs castings, et autant de profils divers de femmes : des minces, des grosses, des lesbiennes, des hétérosexuelles, des racisées, des blanches, des croyantes et des non croyantes, des riches et des pauvres, des femmes cisgenres et des femmes transgenres, des vieilles femmes, des jeunes femmes, des femmes handicapées mentales ou physiques. Pas une seule ne ressemble à une autre, et on est bien loin des standards de la beauté féminine et du glamour que la télévision veut nous vendre à tous prix.
   Nous voyons ces femmes vivre, tout simplement. Cette série brise le processus de cristallisation créé autour des femmes : ces femmes sont une représentation de ce qu'est vraiment une femme, et une femme, ce n'est pas le fantasme d'une page de magazine ou une publicité pour des collants ou du gel douche. Elles font l'amour, se masturbent, mangent, suent, dorment, vont aux toilettes, ont un langage des plus fleuris et même, se battent. Elles prouvent à tout un chacun qu'une femme est un individu à part entière, et pas une moitié d'individu toujours rattachée à un homme. Même si la prison de Litchfield est un petit monde par rapport à notre planète, c'est une représentation très fidèle de ce que subissent les femmes aussi en dehors de la prison, en matière de sexisme et culture du viol.


    La série propose une vision de féminisme intersectionnel : c'est-à-dire que toutes les luttes sont réunies sous la bannière d'une seule, car ce sont toutes des luttes pour l'égalité : la lutte contre le racisme, contre le sexisme, contre l'islamophobie et l'antisémitisme, contre l'homophobie et la queerphobie en général. Ces filles ne sont pas toutes des militantes féministes, mais chacune d'entre elles luttent pour leurs droits à leur échelle, ne serait-ce que dans la prison, et contre les injustices faites à leur encontre, elles offrent une vision d'un combat qui tend vers l'égalité. Pour la plupart, ces filles viennent de milieux pauvres, non privilégiés, et ne seraient sans doute pas enfermées si elles étaient nées au bon endroit, c'est déjà une injustice portée à l'encontre de pas mal de détenues. Orange is the New Black est une série de personnages, dépassant préjugés et apparences pour mieux briser les inégalités et déconstruire les clichés.
   Cela se prouve par le fait qu'il n'existe pas exactement de personnage principal dans la série. Au départ, on suit essentiellement Piper car elle sert d'yeux du spectateur : c'est par ses yeux que nous sommes introduits dans la prison, car nous sommes aussi novices qu'elle, et nous pouvons de ce fait nous identifier à elle et ainsi compatir à son malheur. Elle se fond progressivement dans le décor de la prison au fur et à mesure qu'elle s'intègre, et ainsi la série se concentre sur toutes les autres détenues. De ce fait, chaque personne qui regarde cette série peut s'identifier à un personnage de femme, une vision des choses, une personnalité. c'est ce qui fait la force de la série, ses personnages.


   La série n'est pas seulement une comédie, et même si il arrive de rire beaucoup en la visionnant car celle-ci présente beaucoup de comique de situation et de langage, elle n'hésite pas non plus à dénoncer des sujets qui fâchent de la manière la plus tragique qui soit. Notamment, une des dénonciations les plus virulentes est celle des violences policières, puisque les détenues sont en constante confrontation avec les gardiens de la prison, qui les malmènent physiquement et verbalement. La question des violences sexuelles est abordée, celle du délit de faciès également, et cela surtout dans la saison 4, mais aussi les meurtres injustifiés en prison. Ces femmes sont considérées comme des objets encombrants par la plupart de ces gardiens, sous le double prétexte que ce sont des femmes, et qu'en plus, ce sont des criminelles. Ils oublient rapidement que ce sont des être humains avant tout.
   La série réussit le tour de force de nous faire aimer chacune des détenues. La narration, parfois un peu faible, parvient tout de même, notamment à travers les flashbacks, à raconter l'histoire, souvent tragique, de ces femmes, et on finit par oublier que certaines d'entre elles sont dangereuses. On les prend toutes en affection, pas forcément dès le départ cela dit, et ce, grâce à l'union de la scénarisation, de la réalisation et de la qualité du jeu des actrices. Beaucoup d'entre elles se démarquent par leur jeu inoubliable, comme les merveilleuses Uzo Aduba (Suzanne), Kate Mulgrew (Red) ou encore Samira Wiley (Poussey) et Danielle Brooks (Taystee). Certains rôles masculins sont de qualité également, et aussi géniaux qu'irritants, comme ceux de Michael Harney (Healy), Pablo Shreiber ("Pornstache"), Matt McGorry (Bennett) et Brad Willam Henke (Piscatella).


   Orange is the New Black est une excellente série, malgré une ou deux saisons un peu plus faibles que les autres. C'est une série sur des femmes prisonnières, qui paradoxalement traite de l'émancipation et la libération des femmes. Regarder cette série m'a moi-même aidé à avoir une autre vision sur mon corps, à me regarder dans le miroir avec un regard neuf. Je pense que c'est une série qui fait beaucoup de bien, très bodypositive et thinkpositive. Comme beaucoup de shows que j'aime regarder, ce n'est pas seulement un divertissement à mon sens, c'est bien plus que cela. C'est une série qui fait beaucoup réfléchir sur des sujets de société, et soulève des sujets qui traitent de combats pour l'égalité. C'est une série très importante pour faire avancer les idées et déconstruire les clichés de notre société.


https://buffyslibrary.blogspot.fr/search/label/Coup%20de%20c%C5%93ur

lundi 3 juillet 2017

Doctor Who | Chronique Série

Titre original : Doctor Who
Créée par : Russell T. Davies 
Origine : Royaume-Uni
Genre : Science-Fiction
Première diffusion : 26 mars 2005
Sur : BBC
Vue en : VOSTFR, VO, VF
S'étend sur : 10 saisons, 118 épisodes
Avec : Christopher Eccleston, Billie Piper, David Tennant, Freema Agyeman, Catherine Tate, Matt Smith, Karen Gillian, Arthur Darvill, Jenna Coleman, Peter Capaldi, Pearl Mackie. 
   Pitch : Le Docteur est un alien, dernier survivant de sa race, les Seigneurs du Temps, issue de la planète Gallifrey. Après une guerre dévastatrice contre les Daleks, Le Docteur s'échappe à bord de son TARDIS, et voyage à travers le temps et l'espace. Particulièrement attaché à la planète Terre, le Docteur est souvent accompagné de companions, pour la plupart humains et féminins.
   Gros morceau de la culture britannique auquel je m'attaque, qu'est Doctor Who. A part le thé et la reine Elisabeth, je ne connais pas plus anglais que cette série, qui raconte l'histoire d'un alien au QI qui ferait rougir Einstein de honte, et qui traverse l'espace et le temps à bord de son TARDIS, cette fameuse cabine bleue de police, et passe le plus clair de son temps à sauver l'univers. Doctor Who est une série particulière : elle débute une première fois le 23 novembre 1963 (soit le lendemain de l'assassinat du président John Fitzgerald Kennedy) pour se terminer le 6 décembre 1989 après 26 saisons, mais est ramenée pour deux téléfilms en 1996, et le 26 mars 2005 à la télévision pour une deuxième série qui dure depuis maintenant 10 saisons et n'est pas prête de se terminer. Autant dire que cette série est culte, et est la série de science-fiction la plus longue au monde, toutes nationalités confondues. 


   Une des principales caractéristiques de cette série, c'est que son personnage principal, le Docteur, a la faculté de se régénérer, c'est-à-dire de changer de corps quand l'ancien est trop altéré, afin de prolonger sa vie, ce qui fait qu'il est très difficile de le tuer. Au départ, cette faculté a été instaurée pour que la série continue, alors que son premier interprète, William Hartnell, déjà âgé à l'époque, tombe malade. Il revient pour des épisodes spéciaux plus tard, mais laisse le rôle à Patrick Troughton. C'est devenu un des principaux tropes inhérents à la série. Le personnage compte à ce jour treize incarnations, dont cinq dans la seconde série, la dernière en date étant celle de Peter Capaldi, un acteur écossais plusieurs fois récompensé et oscarisé. 
   Cela permet à la série de renouveler régulièrement son casting, pour le plus grand malheur, mais également bonheur, du public. En effet, le départ d'un Docteur est toujours une source de tristesse, car on apprend à l'apprécier avec sa personnalité propre, et il est difficile de laisser partir les personnages qu'on aime dans nos séries. Cependant, c'est aussi une source de joie et d'excitation car nous sommes dans l'expectative d'une nouvelle forme de ce personnage. Chaque acteur a réussi à s'approprier ce personnage complexe, et a rajouté sa patte pour le construire.


   C'est pour cela que Doctor Who est une série qui ne s'épuise jamais, car elle est en constante évolution, jusque dans le changement de ses acteurs et personnages. Les companions du Docteur vont et viennent, repartent pour toujours ou reviennent pour une dernière aventure. Seul le Docteur reste, et pourtant, il change constamment, d'acteur et de personnalité. La série dans ses premières saisons n'a absolument plus rien à voir avec les dernières saisons, le casting a complètement changé en dix ans, et offre de nouvelles dynamiques entre les personnages à chaque saison. Surtout, le casting secondaire, c'est-à-dire tout le monde à part le Docteur et ses companions du moment, change à chaque épisode, et on a l'occasion de découvrir un nombre incroyable d'acteurs britanniques par saisons, qu'on a la joie de découvrir dans d'autres séries, avec leur propre rôle (entre autres, John Barrowman, qui aura son rôle principal dans Torchwood, et Colin Morgan qui tient le rôle principal dans Merlin).
   De plus, et cela entre dans l'idée que la série est inépuisable, même si celle-ci crée un arc narratif global pour chaque saison, les épisodes sont semi-dépendants entre eux, chaque épisode ou presque présente une nouvelle aventure du Docteur et de ses companions, dans un endroit différent de l'univers, en des époques différentes du passé ou du futur. La série ne présente pas de décors fixes, en dehors de celui du TARDIS, elle ne présente pas de contrainte de lieu ou de temps, par conséquent, l'imagination des scénaristes et showrunners est quasi-inexhaustible. Même si certaines saisons sont bien mieux pensées que d'autres. 


   Un des sujets principaux qu'aborde la série et qui revient régulièrement, est la tolérance. En effet, le Docteur, dernier rescapé de sa race, les Seigneurs du Temps, est particulièrement sensible au respect des espèces entre elles, et cherche dans chacune de ses missions à instaurer la tolérance et empêcher les guerres. Il sait ce que c'est, que de n'avoir personne de son espèce, pas un ami qui vienne du même endroit que lui, il est seul dans tout l'univers, et cela lui pèse. Etant d'un naturel empathique et héroïque, il refuse que d'autres espèces subissent son sort, que des espèces s'entretuent pour que reste une seule race dominante dans l'univers. Dans notre monde qui se tient en équilibre sur le fil du rasoir, il est important de prêcher la tolérance, avant qu'il ne soit trop tard, comme pour le Docteur. 

  
   Ce qui fait la force de Doctor Who, outre la richesse du personnage du Docteur, ce sont les personnages qui accompagnent l'alien, ses companions. Essentiellement des personnages féminins, ce sont pour la plupart des habitants de la Terre, et particulièrement des Anglais. Le Docteur est un personnage qui déteste être seul, pour différentes raisons selon son incarnation, que ce soit la peur de la solitude, l'envie d'avoir des témoins pour impressionner, etc. Ces personnages qu'il "engage" avec lui ont alors l'occasion de découvrir l'univers, et même si c'est très périlleux, aucun ne crache sur la perspective de découvrir les anneaux d'Akhaten, l'Angleterre victorienne, ou encore New New York. Ils sont également d'une grande aide pour le Docteur. Dans les premières saisons, le companion était surtout le personnage qui incarnait la position du spectateur : ce personnage, ayant un regard de novice, et pour faire un peu d'exposition, est surtout là pour poser les questions au Docteur que le spectateur ne peut pas poser, et pour découvrir ainsi l'univers et les codes de la série. C'est un peu le rôle de Rose Tyler dans la première saison, rôle qui s'étoffe un peu dans la deuxième. C'est à partir de la quatrième saison, à mon avis, que le companion du Docteur a un vrai rôle à part entière dans les missions du Docteur. 
   On a l'occasion de découvrir des personnages formidables, et il est difficile de savoir quel est notre companion préféré, comme il est difficile de savoir qui on préfère entre tous les Docteurs. Mon duo préféré est indubitablement celui de Matt Smith et Jenna Coleman, c'est-à-dire les interprètes du Onzième Docteur et de Clara Oswald. Tous deux ont une alchimie incroyable, et leurs épisodes sont chacun un petit trésor de réalisation et de scénarisation. Il est dommage que ce soit le duo qui aie duré le moins longtemps de toute la série, car c'est à mon avis le plus réussi. Mais j'apprécie énormément toute l'époque de Matt Smith en tant que Docteur, que ce soit avec Clara, ou avec Amy et Rory. 


   Doctor Who est une série bien trop complexe pour être résumée, et je pourrais en parler pendant des heures. Je ne suis même pas certaine que vous ayez compris totalement de quoi la série parle d'ailleurs, mais, eh, c'est pour cela que je vous conseille de regarder la série. Dix saisons, cela peut sembler long et faire peur, mais en réalité ce sont des saisons de chacune treize épisodes, et le visionnage de la série est très rapide, on enchaîne facilement les épisodes. Je mets un petit bémol sur la saison 1, dont les effets spéciaux ont mal vieilli et qui semble kitsch au possible aujourd'hui, mais elle garde tout son charme, et Christopher Eccleston est un excellent Neuvième Docteur qui forme un bon duo avec Billie Piper. Je considère Doctor Who comme un classique de la science-fiction, et de la télévision. Quand on est un sériphile, c'est comme quand on est un cinéphile ou un littéraire, on a en quelque sorte des devoirs à faire, des classiques à voir, et Doctor Who en fait partie. C'est une série culte, qui a même eu droit à son épisode anniversaire pour ses 50 ans en 2013, The Day of the Doctor, épisode qui est même sorti en salles de cinéma au Royaume-Uni, ce qui est très rare, voire inédit pour une série télévisée. C'est une série fondatrice de la science-fiction d'aujourd'hui, la plupart des théories sur le voyage dans le temps que vous découvrirez dans des séries ultérieures aux années 70 sont issue initialement de Doctor Who, elle a posé les bases de la science-fiction sur lesquelles reposent toutes nos séries et autres œuvres actuelles. Il est important à mon sens de la voir, et c'est une de mes séries préférées. Je vous invite alors vivement à la visionner, et à rejoindre ainsi l'histoire merveilleuse de Doctor Who.


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jeudi 29 juin 2017

Aurélien

Auteur : Louis Aragon
Edition : Folio
Parution originale : 1944
Genre : Classique
Nombre de pages : 667
   Résumé : Aurélien Leurtillois est un ancien combattant qui a achevé la guerre dans l'armée d'Orient. Jamais vraiment remis des années passées au front, il mène dans le Paris des années 1920 l'existence oisive d'un jeune rentier célibataire et séducteur : garçonnière dans l'île Saint-Louis, nuits blanches au Lulli's Bar, soirées mondaines et liaisons sans lendemain. Spectateur désengagé de sa propre vie, il attend sans conviction de découvrir enfin l'objet d'une passion.
   Si quelqu'un m'avait dit, il y a quelques mois, qu'un jour je lirai une œuvre d'Aragon, je serais restée dubitative. J'ai toujours évité les auteurs surréalistes et dadaïstes dans ma vie, car ce ne sont pas des mouvements littéraires qui m'attiraient particulièrement, et ce, malgré mes études de Capitale de la douleur, L'Amour, la poésie et Les Mains libres de Eluard au lycée. Heureusement, les goûts et les couleurs changent, et, ayant découvert Aurélien de Louis Aragon sur la chaîne Youtube de Lemon June il y a quelques temps, j'ai décidé de découvrir l'auteur avec ce roman qui est un des sommets romanesques de son œuvre toute entière. Oui, j'ai mis la barre haute, mais n'ayez pas peur, car Aurélien mérite cet éloge.

   Aurélien est un roman dont l'intrigue se place dans l'entre-deux-guerres, et dépeint les dérives morales d'un jeune bourgeois, Aurélien Leurtillois. Pour situer le contexte, la Première Guerre Mondiale vient tout juste de se terminer, et le monde entier a sombré dans le déni le plus total, et le divertissement le plus absolu, afin d'oublier l'horreur de la Grande Guerre. "Jamais plus la guerre !" proclame-t-on partout dans le monde, et Aurélien se jette lui aussi à corps perdu dans les fêtes mondaines et les relations sans lendemain, se rendant régulièrement dans une boîte de jazz, le Lulli's. Cependant, il ne peut oublier le front de la guerre en Orient. Aurélien incarne ce "mal du siècle", dont Aragon a lui aussi été victime à l'époque.

   Le roman aborde également le sujet des passion interdites, et de l'impossibilité du couple. Aurélien s'éprend de Bérénice, la femme d'un pharmacien de province, venue passer quelques jours chez sa cousine Blanchette, elle-même la femme d'un ami d'Aurélien, Edmond Barbentane.
   De la plume d'Aragon jaillit la dénégation propre à cette étrange époque de l'Histoire : la scène de rencontre d'Aurélien et de Bérénice est aussi éloignée que possible de celles des grands romans du XIXè siècle, puisque le roman débute avec cette phrase : "La première fois qu'Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide". Pourtant, le prénom de Bérénice reste omniprésent dans ce début de roman, il plane au-dessus d'Aurélien qui entre dans un processus de cristallisation à l'égard de la jeune femme, et va être bouleversé par une passion inédite pour celle-ci. C'est une histoire déroutante et hésitante qui va ainsi les unir, se cherchant sans jamais s'atteindre, enfermés dans une bulle qu'Aurélien a lui-même créée autour de lui, afin de se protéger d'un monde dans lequel il ne trouve plus sa place.
   Aragon questionne passionnément l'amour dans ce roman : pourquoi aimons-nous ? Aimons-nous parce que nous avons peur d'être seuls, parce que l'amour est une sorte d'échappatoire hors d'un réel ennuyeux et morne ? Le roman n'apporte pas de réponses à ces questions, mais des éléments de réflexion.

   En filigrane, outre l'histoire d'amour et de politique, le roman soulève la question de la condition de la femme au XXè siècle à travers notamment les personnages de Blanchette et Edmond, l'infidélité revendiquée par le mari, la soumission silencieuse de la femme. Aurélien fait le portrait de femmes plus différentes les unes que les autres, et de leurs désillusions les plus profondes.

   Aurélien est un magnifique roman pour lire l'Amour, celui qui investi le corps entier jusqu'à atteindre l'âme, du personnage et du lecteur. On ne peut terminer cette lecture sans être grandement chamboulé, car c'est un roman poignant, mais aussi très émouvant. Je suis heureuse d'accueillir dans mon cœur l'histoire d'Aurélien et de Bérénice, et j'espère vous avoir donné envie d'en faire autant.

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